La Tanzanie et la RDC cèdent 120 hectares pour construire des ports secs

La Tanzanie et la RDC cèdent 120 hectares pour construire des ports secs

Une nouvelle étape vers une meilleure connectivité régionale

Depuis 2021, la Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC) renforcent leur coopération pour améliorer leurs infrastructures de transport. Le 5 avril 2025, lors de réunions bilatérales de haut niveau à Lubumbashi, les deux pays ont officiellement concédé chacun 60 hectares de terres pour la construction de ports secs, soit un total de 120 hectares.

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du Programme de développement des infrastructures de transport élaboré en 2022 sous la coordination de la Central Corridor Transit Transport Facilitation Agency (CCTTFA), qui vise à stimuler la connectivité commerciale dans la région.

Des sites stratégiques pour favoriser le commerce

Conformément aux accords, la Tanzanie bénéficiera de terrains situés à Kasumbalesa, Kasenga et Kalemie, en RDC, tandis que la RDC disposera de sites à Kwala Coast et Katosho, dans la région de Kigoma en Tanzanie. La documentation foncière a été finalisée, permettant de lancer officiellement les travaux, principalement sous forme de partenariats public-privé (PPP), avec une forte implication du secteur privé, notamment les entreprises minières.

Répondre à une pression logistique croissante

La nécessité de créer ces ports secs s’est imposée avec l’augmentation spectaculaire du fret destiné à la RDC via le port de Dar es Salaam, passé de 14 à 28 millions de tonnes en quatre ans. Cette croissance, estimée à 180 %, a fortement accru la pression sur le port tanzanien, rendant urgente la décentralisation logistique pour fluidifier le transit régional et améliorer l’acheminement des marchandises vers des pays enclavés comme la RDC et le Burundi.

Une intégration régionale renforcée par des projets complémentaires

Le projet des ports secs s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le Corridor Central, qui relie sept pays d’Afrique de l’Est et des Grands Lacs. Parallèlement, les deux pays ont avancé sur d’autres fronts : modernisation des ports de Kalemie, Kigoma et Karema, réhabilitation des routes stratégiques telles que Kalemie–Nyunzu–Manono, et connexion ferroviaire via le SGR tanzanien et le réseau congolais.

Des progrès notables ont également été réalisés dans le secteur aérien, avec l’ouverture de nouveaux points d’entrée à Kalemie, Goma, Mwanza et Dodoma, et le lancement prochain de vols directs entre Dar es Salaam et Kinshasa.

Conclusion

La cession de 120 hectares pour la construction de ports secs marque un tournant majeur dans la stratégie d’intégration logistique entre la Tanzanie et la RDC. En facilitant le transport régional et en désengorgeant les infrastructures existantes, ce projet devrait contribuer à dynamiser les échanges commerciaux, renforcer l’attractivité économique de la région et accélérer le développement des pays enclavés.

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