Uranium : Orano suspend provisoirement ses dépenses d’extraction au Niger
Une suspension liée aux tensions politiques et économiques
Le géant français de l’uranium Orano a annoncé la suspension provisoire des dépenses d’extraction et de traitement de sa filiale nigérienne Somaïr. Cette décision, adoptée lors du conseil d’administration du 12 novembre, vise à préserver la trésorerie pour prioriser le paiement des salaires et maintenir les fonctions essentielles du site industriel, en attendant la reprise des exportations et de la commercialisation.
Cette suspension intervient dans un contexte marqué par :
- Le retrait en juin d’un permis d’exploitation majeur par la junte nigérienne pour le gisement d’Imouraren, l’un des plus grands au monde.
- L’impossibilité d’exporter l’uranium en raison de la fermeture de la frontière entre le Niger et le Bénin, justifiée pour des raisons de sécurité par Niamey.
Un différend entre Orano et les autorités nigériennes
Début octobre, Orano avait déjà suspendu sa production au Niger, invoquant les difficultés financières croissantes de la Somaïr. Cependant, la junte au pouvoir, arrivée en juillet 2023, a contesté cette décision, reprochant à Orano de ne pas l’avoir consultée.
Actuellement, près de 1 050 tonnes de concentré d’uranium, soit la moitié de la production annuelle moyenne du site, sont bloquées. Leur valeur marchande est estimée à 300 millions d’euros.
Le Niger remet en question les partenariats historiques
Face à cette situation, la junte a exprimé sa volonté de revoir les modalités d’exploitation des ressources naturelles par les compagnies étrangères. Elle s’oriente également vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie et l’Iran.
Lors du sommet Russie-Afrique à Sotchi, le ministre nigérien des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a déclaré :
« Nous avons déjà rencontré des sociétés russes intéressées pour explorer et exploiter les ressources naturelles au Niger. »
Orano préserve ses priorités malgré des tensions croissantes
Dans son communiqué, Orano a expliqué que la suspension des dépenses permettrait de maintenir le paiement des salaires et d’assurer le fonctionnement vital du site le plus longtemps possible. Toutefois, l’abstention de la Sopamin (partenaire public nigérien) lors du vote reflète les divergences croissantes entre les deux parties.
Conclusion : Une incertitude persistante autour de l’avenir de l’uranium nigérien
La suspension des activités d’Orano au Niger symbolise les défis posés par les tensions géopolitiques et économiques dans la région. Alors que le pays cherche à diversifier ses partenaires et à revoir les règles de collaboration avec les entreprises étrangères, l’avenir de l’exploitation de l’uranium nigérien reste incertain, mettant en lumière les impacts d’une gouvernance en transition sur les industries extractives.

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