Sénégal : Permis et immatriculation obligatoires pour les deux-roues motorisés
D’ici le 13 mars, tous les conducteurs de deux-roues motorisés au Sénégal devront disposer d’un permis de conduire et d’une plaque d’immatriculation. Cette mesure s’inscrit dans une vaste campagne de régularisation visant à réduire l’informalité dans ce secteur en plein essor.
Un secteur informel en pleine expansion
Le secteur des deux-roues, souvent surnommés Jakarta ou Thiak Thiak, joue un rôle crucial dans l’économie sénégalaise, notamment dans les grandes villes comme Dakar, Ziguinchor et Kaolack. Avec plus de 500 000 motos recensées, ce chiffre reste approximatif en raison de la prédominance de l’informel. À Grand Yoff, par exemple, de nombreux jeunes dépendent de la livraison à moto pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Cependant, la régularisation pose des défis importants. Certains conducteurs, comme Adama Lo, peinent à fournir les documents nécessaires pour immatriculer leur moto. « Celui qui m’a vendu la moto, je ne l’ai jamais revu. On m’a dit qu’il était mort », explique-t-il, illustrant les obstacles auxquels font face de nombreux acteurs de ce secteur.
Une mesure nécessaire, mais des ajustements demandés
Pour Seydina Alioune Fall, président des livreurs Thiak Thiak, cette opération de régularisation est une opportunité pour assainir et sécuriser le métier. Il plaide toutefois pour une certaine souplesse de la part des autorités afin d’accompagner les travailleurs dans cette transition.
« Nous voulons un secteur assaini, sécurisé et rationalisé. Raison pour laquelle nous demandons une mutation gratuite pour les conducteurs. Cela permettrait d’identifier qui est livreur, agresseur ou malfaiteur », souligne-t-il.
Conclusion : Un enjeu pour l’assainissement et la formalisation
L’obligation de permis et d’immatriculation marque une étape clé vers la formalisation d’un secteur en plein essor au Sénégal. Bien que nécessaire pour renforcer la sécurité et la transparence, cette initiative nécessite un accompagnement adapté pour ne pas pénaliser les nombreux jeunes qui dépendent de ces activités pour vivre. Un équilibre entre rigueur et flexibilité sera crucial pour assurer le succès de cette régularisation.
