Togo : des députés boycottent l’Assemblée nationale pour protester contre le silence sur les manifestations
Lors de la séance plénière du lundi 30 juin 2025, convoquée pour clôturer la première session ordinaire de l’année, trois députés d’opposition ont refusé de siéger. Ils dénoncent le silence de l’Assemblée nationale face aux violentes manifestations réprimées la semaine dernière contre le régime du président Faure Gnassingbé.
Un acte de protestation face à une institution muette
Dans un communiqué commun, les formations Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) et Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) accusent l’Assemblée de « fuir ses responsabilités ». Elles estiment que l’institution, censée représenter le peuple, aurait dû se saisir en urgence de la crise sociale.
Les trois députés absents réclament :
- La libération des personnes arrêtées arbitrairement,
- L’ouverture d’une enquête indépendante sur les événements,
- Et la garantie du droit constitutionnel à manifester.
Le boycott de la séance plénière s’accompagne d’une demande officielle pour la convocation d’une session extraordinaire, centrée sur les violences du 6 au 28 juin.
Le gouvernement soutient les forces de l’ordre et dénonce une tentative de déstabilisation
Dans un communiqué publié dimanche 29 juin, le gouvernement togolais a qualifié les manifestations de « non autorisées » et a dénoncé une « campagne de désobéissance civile » visant à affaiblir les institutions. Il affirme que des arrestations ont eu lieu, y compris de ressortissants étrangers, actuellement poursuivis en flagrance.
Les autorités félicitent les forces de sécurité pour leur professionnalisme, et démentent toute bavure. Concernant les corps retrouvés dans les cours d’eau de Lomé, les résultats d’autopsie concluraient à de simples cas de noyade, selon la version officielle.
Des accusations de répression meurtrière
Plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile affirment pourtant que la répression a fait au moins 7 morts et de nombreux blessés les 26, 27 et 28 juin. Ils dénoncent un usage excessif de la force et des interpellations arbitraires, alors que les manifestations demandaient le départ du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.
Conclusion
Le boycott de la plénière par des députés d’opposition marque un nouveau tournant dans la crise politique qui secoue le Togo. Alors que le pouvoir dénonce une volonté de déstabilisation, les voix contestataires réclament justice, transparence et respect des libertés fondamentales. Dans un contexte tendu, la demande de session extraordinaire pourrait devenir un test démocratique majeur pour l’Assemblée nationale.
