Sénégal : une dette publique record alarme les marchés financiers
Avec 119 % du PIB, le Sénégal devient le pays le plus endetté d’Afrique
Un rapport explosif de la banque britannique Barclays, publié ce mardi 2 juillet, place le Sénégal en tête des pays les plus endettés du continent africain. Selon l’institution financière, la dette publique du pays s’élèverait désormais à 119 % de son produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2024 — un bond de près de 20 points en un an. Cette estimation dépasse les chiffres officiels et confirme une dynamique inquiétante déjà évoquée par le Fonds monétaire international (FMI) au mois d’avril, qui avait alors évalué la dette à 111,4 % du PIB.
Une méthode de calcul qui interpelle
La banque Barclays s’est basée sur le niveau de la dette communiqué par Dakar, estimé à 23 500 milliards de francs CFA fin 2023, en le rapportant au PIB de l’année 2023, le chiffre pour 2024 n’étant pas encore disponible. Ce calcul met le Sénégal aux côtés de la Zambie et du Cap-Vert, les seuls pays d’Afrique dont l’endettement dépasse les 100 % du PIB. Pour un pays considéré il y a encore quelques années comme une étoile montante de l’économie ouest-africaine, le contraste est saisissant.
Réaction immédiate et brutale des marchés
Face à cette révélation, les marchés financiers ont réagi sans attendre. Les obligations souveraines sénégalaises en dollars ont chuté de 9,1 % depuis le début de l’année, selon les données compilées par Bloomberg. À titre de comparaison, c’est une baisse plus importante que celle enregistrée par l’Ukraine (–8,6 %), en pleine guerre.
Cette dégradation de la perception du risque souverain signifie que le Sénégal devra emprunter à des taux plus élevés, au moment même où le pays connaît une forte pression budgétaire. Le prêt de 1,8 milliard de dollars du FMI, pourtant vital, reste suspendu, l’institution exigeant plus de transparence sur l’état réel des finances publiques.
L’État promet un audit, mais les doutes persistent
En réponse, le ministère sénégalais des Finances a publié un communiqué assurant qu’une revue complète de la dette publique de 2019 à 2024 est en cours, conduite par un cabinet indépendant. Toutefois, les autorités reconnaissent que les données disponibles ne sont pas encore jugées fiables pour trancher de manière définitive.
Cette incertitude renforce la défiance des investisseurs et met Dakar sous pression. Pour le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, qui a hérité d’une situation économique déjà fragilisée, le défi est immense : restaurer la crédibilité financière du pays sans freiner les investissements indispensables à sa relance.
La situation sénégalaise illustre, de manière spectaculaire, les risques liés à un endettement rapide et peu maîtrisé, dans un contexte de transition politique et de ralentissement économique mondial.

Un article qui encourage la prise de conscience. Concernant « Sénégal : une dette publique record alarme les marchés financiers », c’est un point de vue intéressant.