Sénégal : Une législation ambitieuse restée en grande partie inappliquée

Sénégal : Une législation ambitieuse restée en grande partie inappliquée

Une loi complète mais peu mise en œuvre

Adoptée le 6 juillet 2010, la loi d’orientation sociale du Sénégal visait à garantir l’inclusion et la protection des personnes handicapées. Elle prévoyait notamment un quota de 15 % de personnes handicapées dans les recrutements des entreprises publiques et privées, ainsi que divers dispositifs facilitant leur accès aux transports, à la santé ou à l’éducation. Toutefois, 15 ans après son adoption, seules quelques-unes des 36 dispositions prévues ont été traduites en décrets d’application.

Des droits reconnus, mais difficilement accessibles

L’un des dispositifs phares de la loi est la carte d’égalité des chances, qui ouvre notamment l’accès gratuit aux soins et aux transports. Cependant, sur une population estimée à 1,5 million de personnes handicapées, seulement 100 021 cartes ont été délivrées. Pour Cheikh Ibrahima, directeur de l’ONG Sightsavers, cette lenteur prive de nombreux citoyens de leurs droits les plus fondamentaux.

Les autorités appelées à passer à l’action

Le ministère de la Santé promet des avancées, avec un objectif de 705 000 cartes produites d’ici 2029. Mais pour les associations, ce calendrier reste trop lent. Elles demandent une accélération du processus, notamment par la création de la Haute autorité pour la promotion des droits des personnes handicapées et d’un fonds d’insertion sociale, deux mesures pourtant prévues dans la loi.

Conclusion

Malgré une législation progressiste, le Sénégal peine à traduire ses engagements en actes concrets pour les personnes vivant avec un handicap. Le retard dans l’application des décrets et la distribution des cartes d’égalité des chances maintiennent une grande partie de cette population en marge de la société. Les défenseurs des droits des personnes handicapées appellent donc les autorités à cesser les promesses et à agir sans délai pour une réelle inclusion.

2 thoughts on “Sénégal : Une législation ambitieuse restée en grande partie inappliquée

  1. Le seuil d’inclusion et de protection de personnes en situation de handicap, est en dessous des attentes. Ce qui est sur c’est que les efforts sont et continueront d’être faits.
    La confluence actuelle est que la demande de protection sociale est croissante, alors que les mécanismes institutionnels de soutien sont faibles ou affaiblis.
    Face a cette situation il nous faut passer d’un système traditionnel de protection (famille, communautés rurales et tissées serrées) à un système moderne ( basé sur l’emploi et soutenu par l’État).
    Les nouveaux décideurs devront de ce fait mettre en place des politiques et programmes intentionnels visant à réduire la pauvreté, les inégalités et la vulnérabilité des membres de la société et notamment les plus vulnérables.

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