Présidentielle 2025 au Cameroun : dans le Sud-Ouest anglophone, le RDPC affiche son soutien à Paul Biya
Un meeting de soutien à Buea
Buea, au pied du Mont Cameroun, a vibré au rythme des slogans, danses traditionnelles et fanfares samedi 31 mai. À l’auditorium de l’École d’administration locale, les élites du Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ont affiché un soutien sans équivoque à la candidature de Paul Biya pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. Le président camerounais, au pouvoir depuis 1982, ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat, mais la machine électorale semble déjà lancée.
Militants et cadres politiques se sont relayés pour exprimer leur fidélité au chef de l’État. « Nous affirmons notre soutien à la candidature du président Paul Biya et l’assurons de notre détermination à le soutenir », a déclaré une militante enthousiaste, sous les applaudissements d’une salle aux couleurs du parti au pouvoir.
Une levée de fonds pour une campagne anticipée
Au-delà de l’aspect politique, l’événement avait également une dimension financière. Peter Mafani Mousongue, ancien Premier ministre et figure du RDPC dans la région, a lancé un appel à contributions en vue de financer la campagne présidentielle. « Les activités électorales coûtent cher », a-t-il insisté, rappelant aux militants que la transparence sur la gestion des fonds serait exigée.
Cet appel à la mobilisation financière confirme la volonté du RDPC de prendre de l’avance dans la bataille électorale. Même si Paul Biya ne s’est pas exprimé, ses soutiens régionaux veulent anticiper et afficher une unité sans faille autour de sa personne.
Une société civile entre scepticisme et colère
Cependant, cet enthousiasme pro-Biya dans une région en crise suscite des interrogations au sein de la société civile du Sud-Ouest, région majoritairement anglophone et profondément marquée par le conflit armé qui perdure depuis 2017. Un activiste local confie son incompréhension : « On parle d’élections alors que les populations vivent dans la peur, avec des écoles fermées, des routes dangereuses et une économie à genoux. »
Pour lui, les priorités devraient être ailleurs : réconciliation, désarmement et amélioration des conditions de vie. Le contraste entre la ferveur du meeting et la réalité du terrain illustre une fracture persistante entre les élites politiques et les préoccupations des habitants.
Conclusion
Alors que Paul Biya entretient le flou sur ses intentions pour 2025, le RDPC dans le Sud-Ouest se mobilise déjà pour sa réélection. Cette démonstration de force, marquée par une levée de fonds et un soutien unanime des élites locales, s’inscrit dans une stratégie bien rodée. Mais dans une région minée par un conflit non résolu, cette ferveur électorale soulève aussi des questions de légitimité. La campagne qui s’annonce pourrait bien raviver les tensions entre ambitions politiques et aspirations sociales dans l’une des zones les plus sensibles du pays.

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