AFRIMA lance un ambitieux programme de formation pour 1,2 million de jeunes Africains dans les industries créatives
L’organisation panafricaine AFRIMA (All Africa Music Awards) veut former une nouvelle génération de créateurs africains. L’initiative « TAKA », dévoilée mardi 20 mai à Addis-Abeba, en Éthiopie, vise à former 1,2 million de jeunes âgés de 18 à 35 ans dans les cinq prochaines années. Objectif : doter le continent de compétences solides dans le domaine des industries culturelles et créatives, un secteur en forte croissance mais encore sous-développé.
Une réponse à un secteur en pleine expansion
La formation devient un levier stratégique alors que les revenus de la musique enregistrée en Afrique subsaharienne ont bondi de 22,6 % en 2024, atteignant 110 millions de dollars, selon l’IFPI. Pourtant, les industries créatives africaines représentent moins de 3 % du marché mondial, malgré leur potentiel.
Pour Mike Dada, fondateur et producteur exécutif d’AFRIMA, le programme TAKA va bien au-delà de la transmission de savoir-faire : « Il s’agit de renforcer les capacités des jeunes créatifs, de créer des emplois, de promouvoir la culture africaine et d’encourager une autonomisation économique durable », explique-t-il. Autant d’enjeux qui s’inscrivent dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui place la jeunesse et la culture au cœur du développement du continent.
Une formation pour les laissés-pour-compte des parcours classiques
Les bénéficiaires visés sont les jeunes créatifs souvent exclus des cursus académiques traditionnels, mais dont le potentiel reste énorme. Le programme veut structurer un secteur encore fragmenté et vulnérable, en misant sur la montée en compétences, la mise en réseau, et un accompagnement professionnalisant.
Avec une croissance annuelle estimée à 10,68 % du marché musical africain jusqu’en 2027, la formation devient une condition nécessaire pour pérenniser les retombées économiques et culturelles.
Une réussite conditionnée au soutien des partenaires
Le déploiement de TAKA reste à préciser, notamment sur les formats de formation, les régions pilotes ou les modalités d’accès. Le succès de l’initiative dépendra d’un financement stable, de contenus pédagogiques contextualisés, et de l’implication des acteurs locaux.
Des exemples récents comme Trace Academia ou CANEX ont déjà montré l’efficacité de modèles hybrides, combinant outils numériques et ancrage communautaire. AFRIMA espère s’appuyer sur des partenariats solides pour répliquer ces succès et accompagner l’émergence d’une jeunesse créative, formée et outillée pour transformer le visage culturel de l’Afrique.

Un contenu utile pour mieux comprendre les enjeux sociaux.