Nouvelle loi en Tanzanie : des secteurs économiques désormais réservés aux nationaux

Nouvelle loi en Tanzanie : des secteurs économiques désormais réservés aux nationaux

Une réforme économique nationaliste assumée

Le 30 juillet 2025, le gouvernement tanzanien a promulgué une nouvelle loi sur l’investissement local, interdisant aux ressortissants étrangers de créer ou diriger des petites et moyennes entreprises (PME) dans 15 secteurs économiques clés. Cette décision marque un tournant nationaliste dans la politique économique du pays, avec pour objectif affiché de protéger les intérêts des Tanzaniens et de favoriser l’emploi local.

Des secteurs désormais inaccessibles aux non-citoyens

Parmi les secteurs désormais exclus aux étrangers, on trouve :

  • les transferts d’argent mobile (mobile money),
  • les salons de coiffure et instituts de beauté,
  • les boutiques de détail de proximité,
  • les mines artisanales,
  • la vente de fruits et légumes,
  • les restaurants populaires,
    et d’autres domaines d’activités couramment investis par de petits commerçants ou entrepreneurs étrangers, notamment originaires d’Asie ou de pays voisins.

Une mesure controversée mais populaire localement

Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de limiter la concurrence étrangère dans des secteurs où les Tanzaniens disposent de compétences mais manquent de capital. Selon les autorités, cette politique favorisera la croissance des PME locales, la création d’emplois pour les jeunes et une meilleure redistribution des richesses.

Cependant, les critiques estiment que cette loi risque de décourager l’investissement étranger direct (IDE) et de freiner l’innovation dans certains secteurs. Des ONG économiques régionales et des chambres de commerce ont demandé des clarifications juridiques et s’inquiètent d’un climat d’affaires moins accueillant.

Un choix aligné avec une tendance régionale

La Tanzanie s’inscrit dans une tendance continentale croissante de protection économique, déjà observée au Nigeria, au Ghana ou en Éthiopie. Ces politiques visent à renforcer l’autonomie économique nationale, souvent en réponse à une pression sociale sur les autorités, face à une perception d’injustice économique liée à la présence étrangère dans des activités de base.

Conclusion

Avec cette loi réservant certains secteurs économiques aux seuls citoyens, la Tanzanie affirme une volonté claire de prioriser les intérêts locaux face à la concurrence étrangère. Si cette approche est saluée par une partie de la population, elle pose des défis de mise en œuvre et d’équilibre économique, notamment en matière d’investissement, de croissance et de respect des accords régionaux. Le gouvernement devra veiller à ce que cette politique ne se transforme pas en barrière au développement, mais en levier pour une économie inclusive et durable.

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