Kenya : un rapport dénonce des abus liés aux projets de conservation des écosystèmes

Kenya : un rapport dénonce des abus liés aux projets de conservation des écosystèmes

Une étude conjointe met en cause un acteur majeur de la conservation

Le 30 juillet 2025, les ONG African Conservation (AC) et l’Association pour les Droits Humains (AFDH) ont publié un rapport accablant sur les dérives de certains projets de conservation au Kenya. Au cœur de ce document figure la Northern Rangelands Trust (NRT), une organisation influente dans la gestion de réserves communautaires au nord du pays.

Des accusations de violations des droits humains

Le rapport accuse la NRT de pratiques autoritaires, allant jusqu’à des expulsions forcées, l’usage de la violence par des rangers armés, et une privatisation de territoires ancestraux appartenant à des communautés pastorales. Selon les témoignages recueillis, plusieurs populations locales — notamment des membres des peuples Samburu, Borana et Rendille — auraient été marginalisées ou déplacées au nom de la conservation environnementale.

Une conservation qui écarte les communautés locales

L’étude dénonce un modèle de conservation « militarisé », soutenu par certains bailleurs internationaux, qui vise à protéger la faune au détriment des humains qui vivent avec elle depuis des siècles. Les populations locales affirment être exclues des processus décisionnels, voire criminalisées lorsqu’elles tentent de maintenir leurs modes de vie traditionnels.

Le rapport met aussi en lumière des transformations écologiques contestées, comme le blocage des routes traditionnelles de transhumance, la restriction d’accès à l’eau et aux pâturages, ou encore la pression croissante sur les terres disponibles.

Un modèle à réévaluer dans toute l’Afrique de l’Est

Ce rapport relance le débat sur la légitimité et l’éthique de certains projets de conservation, non seulement au Kenya, mais dans toute la région. Le modèle promu par des ONG occidentales ou des fondations privées est de plus en plus critiqué pour son déficit de participation communautaire et son ancrage néocolonial, accusé de perpétuer des formes modernes d’appropriation des terres sous couvert de protection de la nature.

Des appels sont lancés pour une conservation inclusive, fondée sur les droits des peuples autochtones, la justice environnementale, et une reconnaissance légale des terres communautaires.

Conclusion

Le rapport conjoint de l’AC et de l’AFDH met en lumière les effets pervers de certaines politiques de conservation menées au Kenya. En dénonçant les abus présumés de la Northern Rangelands Trust, il soulève une question fondamentale : peut-on protéger la nature sans respecter ceux qui y vivent depuis des générations ? La réponse à cette question déterminera l’avenir de la conservation en Afrique de l’Est, entre modèles imposés d’en haut et approches centrées sur les communautés.

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