Nigeria : Atiku Abubakar quitte de nouveau le PDP, son parti historique

Nigeria : Atiku Abubakar quitte de nouveau le PDP, son parti historique

Une rupture avec le Parti démocratique populaire

Le 16 juillet 2025, Atiku Abubakar, ancien vice-président du Nigeria et figure emblématique de l’opposition, a annoncé sa démission du Parti démocratique populaire (PDP), formation qu’il avait pourtant contribué à fonder dans les années 1990. Dans une lettre adressée au président du parti, il évoque des « différences irréconciliables » et un désaccord profond avec la trajectoire actuelle du PDP.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions internes au sein du PDP, déjà fragilisé par une série de défections, notamment de gouverneurs du sud du pays ayant rallié le Congrès des progressistes (APC), parti du président Bola Tinubu.

Une trajectoire politique marquée par les revirements

Ce départ du PDP n’est pas une première pour Atiku Abubakar. Il avait quitté le parti en 2007, en 2015, puis y était revenu respectivement en 2011 et 2017. Ce nouveau changement de camp alimente de nouveau les critiques de ses détracteurs, qui pointent un opportunisme politique et un manque de constance idéologique.

Certains lui reprochent aussi d’avoir contribué à l’effritement du PDP, en se portant candidat à la présidentielle de 2023, alors que la logique de rotation ethno-régionale aurait voulu qu’un candidat du sud soit désigné.

Un nouveau front de l’opposition

Avant même d’officialiser son départ, Atiku Abubakar avait rejoint le Congrès des démocrates africains (ADC), une coalition naissante de l’opposition. Ce nouveau regroupement politique réunit plusieurs poids lourds de la scène politique nigériane : Peter Obi (Parti travailliste), Rotimi Amaechi (ancien ministre des Transports), ou encore Nasir El Rufai (ex-gouverneur de Kaduna). Leur objectif affiché : faire barrage à Bola Tinubu et à ce qu’ils dénoncent comme une tendance à la monopolisation du pouvoir par l’APC.

Conclusion :

Le départ d’Atiku Abubakar du PDP, bien qu’annoncé, reste un coup dur pour le principal parti d’opposition nigérian, déjà affaibli par des divisions internes et des départs en série. Si sa volonté de rejoindre une nouvelle coalition peut s’interpréter comme une tentative de refonder un front uni contre le pouvoir, ses revirements répétés nuisent à sa crédibilité. L’émergence de l’ADC pourrait toutefois rebattre les cartes dans l’opposition et préfigurer une nouvelle dynamique politique à l’approche des prochaines échéances électorales.

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