Gabon : Ali Bongo et sa famille libérés et accueillis à Luanda après 19 mois de captivité
Une libération sous l’égide de l’Union africaine
Ali Bongo Ondimba, ancien président du Gabon renversé lors du coup d’État militaire du 30 août 2023, a été libéré avec sa famille après 19 mois de détention à Libreville. Le 16 mai 2025, la présidence angolaise a annoncé leur arrivée à Luanda, images à l’appui. Cette libération fait suite à une médiation de João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’Union africaine.
Selon le communiqué officiel, cette démarche humanitaire a été rendue possible après des échanges directs entre João Lourenço et Brice Clotaire Oligui Nguema, l’actuel président de transition du Gabon. Les photos diffusées montrent Ali Bongo souriant, marchant avec une canne à sa descente d’un avion officiel angolais.
Une fin de captivité progressive et controversée
Quelques jours plus tôt, le 11 mai, l’ancienne Première dame Sylvia Bongo et leur fils Noureddin Bongo Valentin avaient déjà été remis en liberté provisoire. Le procureur général du Gabon, Eddie Minang, a précisé qu’ils restent sous le coup de plusieurs poursuites judiciaires, notamment pour détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux, mais qu’ils ont été libérés pour raisons médicales, leur état de santé ayant été jugé incompatible avec la détention.
Leur départ vers l’Angola intervient donc dans un contexte de tensions juridiques et humanitaires. Si leur santé a été invoquée pour justifier la libération, le procès reste à venir, avec ou sans leur présence. Le procureur a rappelé que « la procédure suivra son cours » et que le dossier d’instruction est clos depuis le 28 avril 2025.
Une issue incertaine pour les Bongo en exil
L’avocat de la famille, Me François Zimmeray, a salué la libération comme « la fin d’un long cauchemar », attribuant ce dénouement aux efforts diplomatiques et juridiques menés depuis des mois. Il a cependant exprimé des doutes sur la possibilité d’un procès équitable au Gabon, et laissé entendre que l’exil en Angola pourrait n’être qu’une étape temporaire.
Durant la période de transition, la famille Bongo avait souvent dénoncé des mauvais traitements et avait sollicité en vain une évacuation médicale. Le soutien implicite de l’Union africaine et la médiation angolaise pourraient donc avoir pesé dans l’évolution de leur sort.
Conclusion : entre exil, justice et incertitude
La libération d’Ali Bongo et de sa famille ouvre une nouvelle page post-coup d’État au Gabon, mêlant réconciliation politique, enjeux judiciaires, et considérations humanitaires. Si leur départ à Luanda met fin à une détention prolongée, le procès annoncé reste un point d’ombre pour l’avenir de cette famille présidentielle longtemps au cœur du pouvoir gabonais.
Reste à savoir si la justice gabonaise ira jusqu’au bout de la procédure et si les Bongo reviendront pour y faire face, ou si l’exil en Angola marquera la fin discrète d’une ère politique vieille de plus d’un demi-siècle au Gabon.

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