Est de la RDC : Washington veut un accord final avant fin juillet, l’Église catholique reste méfiante
Une rencontre diplomatique en préparation sous pression américaine
Les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques pour organiser, avant la fin du mois de juillet, une rencontre au sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les présidents respectifs de la RDC et du Rwanda. Selon Donald Trump, cette réunion devrait aboutir à la signature d’un accord final de paix, ainsi qu’à des textes à portée économique, visant notamment à réguler l’exploitation des ressources minières dans l’est de la RDC.
L’Église catholique sceptique : une paix « contre les minerais » ?
Si l’Église catholique congolaise, à travers la Cenco, salue l’inclusivité du processus de paix engagé, elle reste critique sur les motivations réelles de la médiation américaine.
Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a exprimé de vives réserves, dénonçant une logique de troc :
« Congolais et Rwandais, vous êtes en guerre entre vous à cause des minerais, et moi, le grand Trump, j’arrive, je vous réconcilie, et vous me donnez les minerais », a-t-il déclaré, dénonçant une approche néocoloniale, faite de solutions imposées et de pressions extérieures.
Il a également mis en garde contre les erreurs du passé, évoquant les « siècles d’extractivisme, d’esclavage et d’exploitation » auxquels la région est encore confrontée.
Une divergence de lecture entre autorités et Église
Les autorités congolaises, elles, soutiennent pleinement la médiation américaine, y voyant une opportunité diplomatique pour sortir de l’impasse sécuritaire dans l’est du pays. Elles espèrent que les accords en cours de discussion contribueront à stabiliser durablement la région.
À l’inverse, les Églises catholique et protestante appellent à un dialogue national plus inclusif, par le biais de leur initiative conjointe intitulée :
« Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs », un processus qui, selon elles, doit permettre d’impliquer davantage la société civile, les victimes et les acteurs locaux pour bâtir une paix durable.
Conclusion
Alors que Washington pousse pour un accord rapide et stratégique entre la RDC et le Rwanda, l’Église catholique alerte sur les risques de solutions précipitées et dictées par des intérêts économiques extérieurs. Si la paix est une urgence, les conditions de sa construction restent fondamentales pour éviter qu’elle ne soit perçue comme une nouvelle forme d’exploitation. Le défi pour la RDC sera de concilier diplomatie internationale et souveraineté nationale, dans une région des Grands Lacs toujours fragile.
