Droits humains en Éthiopie : la Commission tire la sonnette d’alarme sur les régions Amhara et Oromia
Un rapport accablant pour le premier bilan de Berhanu Adello
Le 4 août 2025, la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) a présenté son rapport annuel, le premier sous la direction de Berhanu Adello, récemment nommé par le Parlement. Devant un auditoire composé de journalistes et de membres de la société civile, le nouveau directeur a mis en lumière des violations graves, notamment dans les régions Amhara et Oromia, toujours en proie à des violences armées persistantes.
Détentions arbitraires, enlèvements et violences ciblées
Le rapport pointe une situation particulièrement alarmante : détentions arbitraires massives, exactions commises par les forces de sécurité comme par des groupes armés, et multiplication des enlèvements de civils. Ces derniers sont souvent pris en otage contre rançon. Selon Mizanie Abate, chargé de la surveillance des droits humains au sein de la Commission, de nombreux otages n’ayant pu s’acquitter de ces sommes ont été soumis à des actes de torture, voire tués. Une réalité inquiétante qui met en lumière l’impunité croissante dans ces zones de conflit.
Une société civile sous pression à la veille des élections
Cette publication survient dans un climat tendu pour la société civile éthiopienne. Human Rights Watch a récemment dénoncé une réforme de la loi sur les organisations de la société civile, qui pourrait permettre à l’Autorité éthiopienne (ACSO) de suspendre des associations plus facilement. À un an des élections, cette menace réglementaire suscite de vives inquiétudes sur la liberté d’action des ONG et autres acteurs de terrain.
Mizanie Abate a affirmé que la Commission suivait cette réforme de très près : « Cette réforme ne doit en aucun cas entraver les activités des associations. Nous ne voulons pas d’un retour en arrière », a-t-il insisté, exprimant clairement la volonté de défendre les espaces de liberté déjà acquis.
Conclusion
Le rapport annuel de la Commission éthiopienne des droits de l’homme dresse un constat sans appel : les droits fondamentaux sont sérieusement menacés, notamment dans les régions d’Amhara et Oromia. Tandis que les violences se multiplient, la société civile, elle aussi, se retrouve fragilisée par une réforme controversée. À l’approche des élections, ce double climat de répression et d’incertitude appelle à une vigilance accrue, tant au niveau national qu’international.
