La Bibliothèque nationale de Guinée : un trésor de mémoire en quête de modernisation
La Bibliothèque nationale de Guinée (BNG), fondée en 1944, traverse aujourd’hui une phase de renouveau. Longtemps négligée, elle recèle pourtant un patrimoine documentaire exceptionnel, notamment sur la période coloniale et les premières décennies de l’indépendance. Située à Conakry, à proximité du lycée de Donka, la BNG est la plus ancienne institution de recherche et de documentation du pays.
Une collection précieuse issue de l’histoire
En accédant aux étages supérieurs de la bibliothèque, le visiteur découvre les archives de presse de l’époque post-indépendance. Syra Cissé, responsable de la documentation, présente la seconde salle de lecture, dédiée aux journaux historiques : « Nous sommes dans la deuxième salle de lecture, située au deuxième étage de la bibliothèque. Ici sont disposés les anciens journaux de l’indépendance. »
Parmi les titres conservés, on retrouve Horoya, le quotidien du parti-État sous la Première République, ainsi que La Gine Ginè, journal féminin s’adressant aux femmes guinéennes. À cela s’ajoutent des publications antérieures à l’indépendance comme Le Réveil, organe du Rassemblement démocratique africain (RDA), dans lequel figure un article signé par Sékou Touré, alors dirigeant de la branche guinéenne du parti.
Une institution fondée sous la colonisation
Le directeur de la BNG, Daouda Tamsir Niane, insiste sur l’importance historique de l’institution : « La bibliothèque nationale est la plus ancienne institution de recherche et de documentation en République de Guinée. Elle existe depuis 1944, créée sous la colonisation comme antenne de l’IFAN, l’Institut français d’Afrique noire. » Cette longue histoire explique la richesse de ses collections, issues aussi bien de la période coloniale que de l’ère post-indépendance.
Objectif : numérisation et valorisation des fonds
Face aux défis de conservation, la BNG entend s’adapter à l’ère numérique. « Les bibliothèques évoluent vers les médiathèques », explique le directeur, qui ambitionne de numériser l’ensemble des documents conservés. Parmi eux, des mémoires de fin d’études couvrant des sujets variés comme l’économie, la linguistique ou l’histoire contemporaine. Syra Cissé présente l’un d’eux : « Vous avez là un mémoire soutenu en 1978 sur le thème : ‘Amilcar Cabral, théoricien et praticien de lutte de libération nationale’. »
Le défi du dépôt légal
Parallèlement à la numérisation, un autre chantier est en cours : celui du respect du dépôt légal, encore trop peu appliqué par les éditeurs guinéens. Ce mécanisme est pourtant essentiel pour constituer un patrimoine contemporain complet et accessible aux générations futures.
Conclusion : un lieu de mémoire à préserver et à faire vivre
La Bibliothèque nationale de Guinée n’est pas seulement un lieu de conservation : elle est une mémoire vivante de l’histoire nationale, en pleine transition vers l’ère numérique. Sa richesse documentaire en fait un centre de référence unique pour les chercheurs, historiens et citoyens curieux de leur passé. Sa réhabilitation et sa modernisation sont des enjeux majeurs pour la préservation du patrimoine intellectuel guinéen.

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