Côte d’Ivoire : le festival Abidjan Folklore Day célèbre l’héritage des peuples Yacouba et Gouro
Yopougon au rythme des traditions de l’Ouest ivoirien
Le temps d’un week-end, le quartier populaire de Yopougon, à Abidjan, s’est transformé en une scène vivante de la culture traditionnelle ivoirienne. Pour sa 7ᵉ édition, le festival Abidjan Folklore Day a choisi de mettre en lumière deux grandes communautés de l’ouest du pays : les Yacouba et les Gouro. Danses sacrées, apparitions de masques, récits ancestraux : le rendez-vous a offert un voyage immersif au cœur d’un patrimoine culturel encore trop méconnu en milieu urbain.
Le Saaplo, symbole mystique et mémoire vivante
L’un des moments les plus marquants du festival a été la sortie du masque Saaplo, typique du peuple Gouro. Accompagné de percussions envoûtantes, le masque apparaît lentement, dissimulé sous des palmes et une natte tissée, exécutant une danse cérémonielle impressionnante. « Cela représente la paix et la joie », explique Poti Bi Sylvain, manager du groupe, en rappelant les origines mystiques du masque, inspirées d’un chasseur qui aurait surpris des génies dansant dans la brousse.
Pour Ange Irié Lou, jeune femme Gouro née à Abidjan, cette expérience est émouvante : « On ne connaît pas tout de notre culture quand on a grandi en ville. Voir ça me donne envie de retourner au village pour mieux comprendre mes origines. »
Un festival de transmission et de cohésion
Derrière la mise en scène, une volonté forte anime les organisateurs : reconnecter les jeunes générations à leurs racines, dans un esprit de transmission et de paix. Guy Roland Nahounou, commissaire général du festival, insiste : « Les Yacouba et les Gouro ont des alliances interethniques anciennes. Célébrer leur culture commune, c’est aussi rappeler que nos peuples sont liés, au-delà des différences, et que ces liens peuvent prévenir les divisions. »
Un final en apothéose
Le festival s’est achevé en beauté dimanche 3 août, avec deux temps forts : le Zaouli, danse spectaculaire et acrobatique chez les Gouro, et le Gué Gon Kpi, masque sacré du peuple Yacouba, impressionnant par sa prestance et sa symbolique. Ces moments ont suscité l’admiration d’un public nombreux, entre nostalgie, fascination et fierté identitaire.
Conclusion
Le festival Abidjan Folklore Day ne se contente pas d’exhiber des traditions : il offre une passerelle entre passé et présent, entre culture villageoise et jeunesse urbaine. En remettant les masques au cœur de la ville, en valorisant l’héritage des peuples Yacouba et Gouro, cette 7ᵉ édition réussit son pari : faire de la culture un outil de cohésion, de mémoire et d’avenir pour la Côte d’Ivoire.

Une réflexion utile pour comprendre les réalités sociales.
Une lecture enrichissante et bien structurée.