Comores : 24 écoles publiques menacées de fermeture sur fond de crise éducative

Comores : 24 écoles publiques menacées de fermeture sur fond de crise éducative

Une école publique fragilisée

Aux Comores, le projet de fermeture de 24 établissements publics – dont 19 collèges et 5 lycées – suscite de vives inquiétudes. En cause : les grèves répétées des enseignants, la montée en puissance des écoles privées qui attirent de plus en plus d’élèves, et un budget jugé trop lourd. Pour l’année 2025, plus de 17 milliards de francs comoriens sont prévus pour l’éducation, représentant près de la moitié de la masse salariale nationale.

Des familles inquiètes face à l’avenir de leurs enfants

Pour de nombreux parents, cette décision est perçue comme un coup dur porté à l’école publique, dernier recours pour les familles modestes. Aminata, mère d’élève, s’interroge : « Ceux qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans le privé devront-ils les voir devenir délinquants ? ». Une inquiétude largement partagée, alors que l’enseignement privé reste inaccessible pour une partie importante de la population.

Le gouvernement parle de « réaménagements »

Le ministre de l’Éducation, Bacar Mvoulana, dément toute fermeture définitive et préfère parler de « réaménagements ». Selon lui, l’État reste engagé à assurer une scolarisation gratuite pour les enfants de 3 à 16 ans. Il évoque la possibilité de regrouper plusieurs établissements afin d’alléger les charges et d’optimiser les ressources, tout en affirmant que les recommandations des citoyens seront prises en compte.

Un système dominé par le privé depuis deux décennies

Pour les enseignants, la décision va à l’encontre des recommandations des Assises nationales de l’éducation organisées récemment. Chabane Mohamed, enseignant, dénonce une mesure qui risque d’« enfoncer » l’école publique dans la crise : « Ce n’est pas en fermant des établissements publics que l’on renforcera l’éducation. Au contraire, on accentue la domination du privé ». Sur l’île de Grande-Comore, où 80 % des élèves sont déjà inscrits dans le privé, le risque de marginalisation de l’école publique est particulièrement élevé.

Des déséquilibres entre les îles

La crise prend une forme différente à Anjouan, où les écoles publiques existent mais manquent cruellement d’enseignants. Le ministère envisage de réaffecter des professeurs entre les îles, mais cette mesure soulève une forte opposition dans le corps enseignant.

Conclusion

La menace de fermeture de 24 écoles publiques illustre la crise profonde du système éducatif comorien, tiraillé entre manque de moyens, poids croissant du privé et déséquilibres régionaux. Si le gouvernement parle de simples « réaménagements », parents et enseignants redoutent une marginalisation définitive de l’école publique. À terme, c’est l’égalité d’accès à l’éducation qui pourrait être compromise, renforçant les fractures sociales déjà présentes dans le pays.

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