Sénégal : tensions politiques à l’approche des législatives de juin 2025
Un climat politique sous pression
Dakar, 23 mai 2025 — Le Sénégal entre dans une période de forte tension politique à quelques semaines des élections législatives prévues pour le mois de juin. L’opposition, regroupée autour d’une coalition nouvellement formée, dénonce un climat de « répression ciblée » et des « irrégularités » dans l’organisation du scrutin. Le pouvoir, de son côté, assure que les élections se dérouleront dans la transparence et le respect du calendrier républicain.
Une opposition en quête d’unité
Depuis la présidentielle de mars, remportée par le président sortant Bassirou Diomaye Faye, plusieurs partis d’opposition se sont réunis pour tenter de contrer la majorité présidentielle au Parlement. L’ancienne figure de l’opposition, Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre, tente de fédérer les forces progressistes tout en composant avec les critiques sur le rythme des réformes promises pendant la campagne présidentielle.
Le camp présidentiel, qui détient actuellement la majorité à l’Assemblée nationale, voit dans cette alliance une tentative de blocage institutionnel. Mais les opposants affirment vouloir rééquilibrer les pouvoirs pour renforcer la démocratie.
Des inquiétudes sur les libertés publiques
Dans plusieurs villes du pays, notamment à Ziguinchor et Thiès, des rassemblements de l’opposition ont été dispersés par les forces de l’ordre ces derniers jours. Des ONG locales, dont la RADDHO et Amnesty International Sénégal, ont exprimé leur inquiétude quant à la restriction des libertés de réunion et d’expression.
« Le processus démocratique sénégalais est respecté dans la forme, mais menacé dans le fond », déclare un juriste de l’Université Cheikh Anta Diop. Le Conseil constitutionnel a par ailleurs été saisi pour trancher sur plusieurs recours liés à la validation des listes électorales.
Des électeurs dans l’attente
Dans les rues de Dakar, les électeurs se montrent partagés. Certains saluent les efforts du gouvernement en matière de gouvernance et de lutte contre la vie chère, tandis que d’autres attendent des actes forts sur l’emploi des jeunes et la justice sociale.
Conclusion
À moins d’un mois des élections législatives, le Sénégal traverse une phase décisive de son parcours démocratique. Si les institutions tiennent pour l’instant, la méfiance entre pouvoir et opposition pourrait peser lourdement sur l’ambiance du scrutin. La capacité des différents acteurs à garantir un processus transparent et apaisé sera cruciale pour préserver la stabilité d’un pays souvent cité comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.
