Angola : Le FMI abaisse ses prévisions de croissance à 2,4 % pour 2025

Angola : Le FMI abaisse ses prévisions de croissance à 2,4 % pour 2025

Une croissance fragilisée par la chute des prix du pétrole

Luanda, 23 mai 2025 — L’Angola fait face à un nouveau coup dur économique. Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour l’année 2025, les ramenant à 2,4 %, contre 3 % estimé auparavant. Dans son communiqué publié le 13 mai dernier, l’institution met en cause la baisse continue des prix du pétrole, pilier de l’économie angolaise, ainsi que le durcissement des conditions de financement sur les marchés extérieurs.

L’économie angolaise, autrefois premier producteur de pétrole du continent, voit ses revenus diminuer à mesure que la production décline. Le pays est désormais classé troisième producteur africain, derrière le Nigeria et la Libye, avec 1,11 million de barils/jour en 2023, contre plus de 2 millions en 2008.

Inflation élevée mais en recul

Le FMI note néanmoins un léger répit sur le front de l’inflation. Bien qu’elle reste élevée, les pressions inflationnistes ont commencé à se détendre au premier trimestre 2025. Cette tendance baissière pourrait permettre aux autorités d’atténuer l’impact économique sur les ménages, notamment les plus vulnérables, tout en ajustant la politique budgétaire pour préserver la stabilité macroéconomique.

Une dette toujours pesante mais mieux gérée

Autre point d’attention : la dette publique angolaise. Estimée à 62,4 % du PIB en 2024, elle limite encore la capacité de l’État à financer les dépenses de développement. Cependant, des efforts notables ont été réalisés : entre juillet et août 2024, l’Angola a remboursé près de 1,01 milliard de dollars, soit une hausse de 153 % sur un an selon la Banque centrale.

Ces remboursements sont perçus comme un signal positif par le FMI, qui a salué la détermination des autorités angolaises à maintenir la viabilité de la dette.

Des réformes structurelles toujours attendues

Dans ses recommandations, le FMI insiste sur l’urgence d’accélérer certaines réformes, notamment :

  • La suppression progressive des subventions sur les carburants, accompagnée de mesures sociales ciblées.
  • La diversification des recettes publiques hors secteur pétrolier.
  • Le renforcement de la gestion des finances publiques, avec un accent sur la transparence dans les marchés publics.
  • La réforme des entreprises publiques et une meilleure gestion de la trésorerie de l’État.

Ces réformes sont jugées essentielles pour stimuler une croissance durable et rétablir la confiance des marchés internationaux.

Conclusion

Le ralentissement de l’économie angolaise en 2025 confirme la vulnérabilité d’un modèle encore trop dépendant du pétrole. Face à une croissance revue à la baisse et à une dette importante, l’Angola devra accélérer ses réformes économiques et budgétaires pour résister aux chocs extérieurs. Si l’inflation est en recul, le gouvernement reste confronté à un défi de taille : relancer l’économie tout en protégeant les plus pauvres. Le FMI demeure prudent mais encourageant, misant sur la volonté des autorités à transformer le modèle économique du pays.

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