Alex Berger : « Mon ambition, c’est de créer des séries avec des producteurs ivoiriens ou d’ailleurs »
Abidjan, carrefour de la création audiovisuelle africaine
Le Salon international du contenu audiovisuel (SICA) s’ouvre cette semaine à Abidjan pour sa troisième édition, réunissant plus de 300 professionnels issus de 25 pays. Au cœur de cette dynamique, une ambition : faire de la Côte d’Ivoire un hub majeur de la production audiovisuelle en Afrique de l’Ouest. Et parmi les invités de marque de cette édition 2025 figure Alex Berger, producteur de la célèbre série Le Bureau des légendes, succès mondial de la fiction française.
Présent pour la deuxième année consécutive, Berger souligne la qualité des échanges et l’énergie créative croissante sur le continent. « Ce salon, c’est une plateforme essentielle pour bâtir des ponts entre les producteurs africains et les professionnels internationaux », confie-t-il à RFI.
Du « Bureau des légendes » à « Le bureau Afrique » ?
Créateur de l’une des séries françaises les plus exportées, Alex Berger ne cache pas son envie de transposer cette expérience en Afrique. Une ambition concrète : développer une version africaine du « Bureau des légendes », adaptée au contexte géopolitique ouest-africain.
« On a déjà un script en cours, même si parfois la géopolitique évolue plus vite que nos scénaristes », ironise-t-il. Le projet pourrait voir le jour à l’horizon 2027, avec pour titre provisoire Le bureau secret ou Le bureau Afrique. L’objectif ? Créer un thriller d’espionnage ancré dans les réalités africaines, sans tomber dans les clichés, tout en gardant l’exigence narrative et esthétique de l’œuvre originale.
La jeunesse créative africaine en pleine ébullition
Pour Berger, l’Afrique, au-delà du Nigeria et de son mastodonte Nollywood, regorge de talents prometteurs. Il cite en exemple Alex Ogou et Mamane, deux figures ivoiriennes qui l’ont marqué, ou encore Kimberley Azria, jeune productrice impliquée dans des projets novateurs au Bénin.
« Je n’ai aucune leçon à leur donner », insiste-t-il. « Ils ont une énergie, une audace, une vision. Ce qui manque parfois, ce sont les moyens, les diffuseurs, les financements. Mais le potentiel est là, immense. » Le producteur se dit prêt à co-construire avec eux, en apportant son expérience de l’écriture, de la production et de la distribution internationale.
Vers un écosystème professionnel solide
Au-delà des projets artistiques, Alex Berger plaide pour une structuration plus robuste de l’écosystème audiovisuel africain. Il appelle à plus de formations, à une meilleure circulation des contenus et à un renforcement des partenariats sud-sud et nord-sud. « La Côte d’Ivoire peut devenir un moteur régional, un vrai pôle de production et de post-production pour l’Afrique francophone », estime-t-il.
Le SICA, selon lui, doit jouer un rôle stratégique : faire émerger un marché local, régional et continental capable de produire des contenus compétitifs, à la fois enracinés dans les réalités africaines et exportables à l’échelle mondiale.
Conclusion : une ambition partagée pour un avenir audiovisuel africain
En participant activement au SICA, Alex Berger ne se contente pas de partager son expérience : il mise sur l’avenir de la création africaine. Son projet d’une version africaine du Bureau des légendes symbolise une volonté croissante de collaborations créatives entre l’Afrique et l’Europe, fondées sur le respect, l’égalité des talents et la richesse des récits africains.
« Je veux créer des séries avec des producteurs ivoiriens ou d’ailleurs », conclut Berger. Un rêve qui semble de plus en plus accessible, dans une Afrique qui affirme chaque jour un peu plus son identité culturelle et audiovisuelle sur la scène mondiale.

Votre travail apporte un éclairage important sur cette question.
Votre approche apporte une vraie valeur ajoutée.