Cameroun : Lutte Contre les Faux Diplômes et les Abus dans les Universités
Le Cameroun a lancé une campagne nationale visant à éradiquer la prolifération des faux diplômes au sein des institutions d’enseignement supérieur. Cette initiative, orchestrée par la Commission nationale anti-corruption (Conac), engage toutes les universités, qu’elles soient publiques ou privées, dans une vaste opération de sensibilisation aux dangers des faux diplômes. La campagne cible également les pratiques d’achat de notes et les cas de harcèlement affectant particulièrement les étudiantes.
Faux Diplômes et Réseaux d’Influence
Des témoignages d’étudiants révèlent l’existence de réseaux organisés impliqués dans la délivrance de faux diplômes. David Makit, étudiant en travaux publics, évoque le quartier Bonas, proche de l’université de Yaoundé 1, comme étant un lieu où des individus produiraient des diplômes frauduleux dotés de cachets officiels, les rendant difficilement détectables.
Achat de Notes et Harcèlement des Étudiantes
Le phénomène d’achat de notes, lié au harcèlement, est également très répandu dans certains campus. Rosine Yango Mbessa, étudiante en histoire à l’université de Yaoundé 1, témoigne de situations où des étudiantes offrent de l’argent ou subissent des pressions pour obtenir de bonnes notes. En octobre, un enseignant de l’université de Douala a été suspendu pour vente de notes entre 20 000 et 40 000 francs CFA, et pour des faits de harcèlement.
Témoignages de Victimes de Pressions et d’Injustice
Les récits d’étudiantes témoignent de l’ampleur du phénomène. Catherine Mbarga, étudiante en Master 2 à l’université de Yaoundé 1, rapporte l’histoire d’une camarade victime de chantage : un enseignant aurait abaissé sa note de 77/100 à zéro, exigeant des relations en échange d’une note juste. Ce cas illustre un problème institutionnel préoccupant au sein de plusieurs universités du pays.
Conclusion
Le Cameroun s’engage dans une lutte sans précédent contre les faux diplômes et les pratiques abusives dans le milieu universitaire. Cette campagne, qui mobilise les institutions éducatives et la Conac, vise à assainir le secteur, tout en renforçant la protection des étudiants face aux dérives.
