Cameroun : La crise ouverte entre Samuel Eto’o et Geremi Njitap secoue le football national
Le football camerounais est en ébullition. Une lutte de pouvoir oppose Samuel Eto’o, président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), à Geremi Njitap, leader du Syndicat National des Footballeurs Camerounais (Synafoc). Cette crise, révélée par le retrait de l’agrément du Synafoc, met en lumière des tensions profondes mêlant luttes d’influence, défense des droits des joueurs et rivalités personnelles.
Des tensions enracinées dans le passé
Le conflit entre Samuel Eto’o et Geremi Njitap ne date pas d’hier. Complices lors des exploits des Lions Indomptables, leurs relations se sont détériorées depuis l’ascension d’Eto’o à la Fécafoot.
L’étincelle est survenue en juillet 2023, lorsqu’une rumeur a circulé selon laquelle Njitap serait pressenti par le gouvernement pour diriger un éventuel Comité de normalisation à la Fécafoot. Cette hypothèse a fait de Njitap une cible pour le clan Eto’o, qui perçoit l’ancien milieu de terrain comme une menace à son leadership.
Geremi Njitap jouit d’une réputation d’intégrité et d’une image positive parmi les anciens joueurs. Il est également reconnu pour ses relations avec des personnalités influentes, comme les présidents de la FIFA et de la CAF. Une alternative crédible, et donc inquiétante, pour le camp Eto’o.
Les justifications de la Fécafoot
Pour sa part, la Fécafoot justifie le retrait de l’agrément du Synafoc en invoquant des règles de la FIFA, qui interdiraient aux syndicats d’interférer dans le fonctionnement des fédérations. Cependant, de nombreux observateurs y voient une stratégie pour marginaliser Njitap et renforcer le contrôle de la Fécafoot sur les institutions représentatives des joueurs.
Cette manœuvre s’inscrit dans un contexte de tensions généralisées, où les clubs réclament encore les subventions promises pour une saison qui s’est terminée il y a sept mois. Par ailleurs, la Fécafoot semble préparer l’intégration de Lucien Mettomo, proche d’Eto’o, à la tête de l’Association Nationale des Footballeurs Camerounais (ANFC), consolidant ainsi son emprise.
Le Synafoc contre-attaque
Face à ce retrait d’agrément, le Synafoc n’entend pas se laisser faire. Soutenu par la Fifpro, le syndicat dénonce une tentative d’étouffer la défense des droits des footballeurs camerounais. Njitap et son équipe envisagent de porter l’affaire devant la justice, rappelant qu’une décision similaire avait été annulée en 2013.
Dans un communiqué, le Synafoc a exhorté les footballeurs à garder leur calme, tout en réaffirmant sa détermination à protéger leurs intérêts face à ce qu’il qualifie de « prédation » orchestrée par la Fécafoot.
Conclusion : Une crise aux répercussions multiples
Cette guerre ouverte entre Samuel Eto’o et Geremi Njitap dépasse les enjeux individuels pour révéler des failles structurelles dans la gestion du football camerounais. Elle illustre les luttes d’influence qui pèsent sur les institutions sportives, au détriment des acteurs essentiels : les joueurs.
Alors que le Synafoc et la Fécafoot campent sur leurs positions, le football camerounais risque de payer le prix fort, à moins qu’un dialogue constructif ne soit engagé pour apaiser les tensions.dustries extractives.
