Bénin : Une réunion tendue au sein de la Fédération béninoise de football
Relégation de la JSO confirmée, mais polémique persistante
Lors d’une session extraordinaire tenue le jeudi 23 janvier, le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) a officiellement entériné la relégation de la Jeunesse Sportive de Ouidah (JSO), conformément à la recommandation de la commission d’éthique. Cette décision fait suite à des pratiques jugées frauduleuses, notamment l’utilisation de licences d’un club de division inférieure, Glehoue United Sport (GUS), pour contourner une interdiction de transfert imposée par la FIFA.
Cependant, le président de la JSO, Innocent Atindéhou, n’a toujours pas été sanctionné, provoquant des débats houleux au sein de la réunion. Pour la première fois, le président de la fédération, Mathurin De Chacus, a fait face à des contestations ouvertes, marquant une rupture avec son autorité jusqu’ici rarement défiée.
Opposition frontale au sein du comité exécutif
L’atmosphère s’est envenimée lorsque Edouard Tchiakpè, président de la commission d’éthique, a exigé l’application stricte des sanctions prononcées, notamment les deux ans d’interdiction d’activité footballistique et l’amende de 7 119 000 CFA infligées aux dirigeants de la JSO et du GUS.
Une vive altercation verbale a opposé Tchiakpè à Mathurin De Chacus. Ce dernier a été accusé de protéger des proches, en l’occurrence Innocent Atindéhou, son ancien directeur de cabinet, et Joel Abjabohoum, président du GUS. Tchiakpè a défendu son approche, insistant sur le respect des faits et non des affinités personnelles.
Une décision partielle, une crise qui s’aggrave
À l’issue de cette réunion, la fédération a publié un communiqué confirmant la relégation des deux clubs et l’annulation des licences litigieuses. Cependant, les sanctions à l’encontre des deux présidents n’ont pas été appliquées, suscitant un mécontentement général au sein de la communauté footballistique.
Des représentants d’autres clubs, notamment ceux des Requins de l’Atlantique et d’Adjidja, ont également critiqué la gestion du dossier, dénonçant l’impunité accordée aux individus responsables des malversations. Cette posture jugée ambiguë de la FBF alimente des soupçons sur la gouvernance de Mathurin De Chacus, déjà sous le feu des critiques pour d’autres dossiers.
Ambitions politiques sous tension
Cette crise intervient dans un contexte délicat pour Mathurin De Chacus, qui ambitionne un second mandat au Conseil de la FIFA. Sa gestion de l’affaire JSO pourrait peser lourdement sur sa crédibilité à l’international, d’autant que d’autres affaires impliquant des proches, comme son cousin Claude Paqui, actuel secrétaire général de la FBF, continuent de ternir l’image de son administration.
Conclusion : Une gestion sous pression
L’affaire de la relégation de la JSO révèle des fractures profondes au sein du football béninois. Si certaines décisions ont été prises, l’absence de sanctions pour les responsables directs suscite une défiance croissante envers la fédération. Cette gestion controversée pourrait non seulement affecter les ambitions personnelles de Mathurin De Chacus, mais également accentuer la crise de confiance dans la gouvernance du football au Bénin. Une chose est sûre : cette polémique ne semble être que le sommet d’un iceberg.
