Tchad : Vives réactions du camp présidentiel après les critiques de Succès Masra

Tchad : Vives réactions du camp présidentiel après les critiques de Succès Masra

Un discours virulent pour l’anniversaire des Transformateurs

À l’occasion du 7ᵉ anniversaire du parti Les Transformateurs, le 30 avril 2025, Succès Masra, ex-Premier ministre de la Transition, a lancé un appel direct au président Mahamat Idriss Déby Itno pour « changer de cap ». L’opposant a dénoncé des « changements cosmétiques » et la persistance du statu quo, qu’il attribue à des « forces d’influence nuisibles ».

Une lettre familière, mais offensive

Dans une lettre publique, Masra adopte un ton personnel et direct, appelant le président « mon frère » et « mon ami », et lui rappelant l’accord de Kinshasa signé en 2023. Cet accord avait permis son retour d’exil et son installation à la primature en amont de la présidentielle de mai 2024.

Réplique immédiate du pouvoir

Le MPS dénonce une attitude « narcissique »

Les propos de Succès Masra ont rapidement suscité l’indignation dans les rangs du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir. Le secrétaire général du parti a qualifié ses critiques d’« outrancières », dénonçant une « posture narcissique » et un « ton irrévérencieux » à l’égard du président.

L’accord de Kinshasa remis en contexte

Selon Abderamane Koulamallah, sénateur et négociateur de l’accord de Kinshasa, ce dernier n’incluait aucun engagement de long terme ou de promesses cachées en faveur de Masra. Il s’agissait uniquement d’un cadre de réconciliation limité dans le temps, sans garantie de reconduction ou de partage de pouvoir.

Une cohabitation improbable selon les analystes

Le pouvoir reste solidement installé

D’après l’analyste politique Hoinathy Remadji, l’appel de Masra peut être vu comme une tentative d’instaurer une cohabitation politique. Mais, souligne-t-il, le MPS, fort de ses récentes victoires électorales locales et législatives, n’est pas contraint à un tel compromis. La cohabitation, selon lui, n’intervient que lorsqu’un pouvoir est affaibli, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Conclusion

Les tensions politiques restent vives au Tchad à l’approche de la prochaine phase post-électorale. Tandis que Succès Masra tente de raviver le dialogue politique, le pouvoir, conforté par ses succès électoraux, semble peu enclin à une ouverture. Cette confrontation verbale révèle les limites du processus de réconciliation engagé depuis 2023 et l’échec d’un consensus politique durable.

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