RDC : Le Kenya appelle à un cessez-le-feu immédiat
Une escalade inquiétante dans l’est de la RDC
Le président kényan William Ruto a lancé, le 8 février 2025, un appel urgent à un « cessez-le-feu immédiat » dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce territoire est le théâtre de combats violents entre l’armée congolaise et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda. La situation s’est aggravée ces dernières semaines, avec des avancées rapides du M23.
Un sommet diplomatique en Tanzanie
Cet appel a été formulé lors d’un sommet réunissant les dirigeants de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Dar es Salaam, en Tanzanie. Ce sommet vise à trouver une solution au conflit qui dure depuis plus de trois ans. Parmi les participants figuraient les présidents du Kenya, de la Somalie, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe. Le président congolais Félix Tshisekedi a participé par vidéoconférence, tandis que son homologue rwandais Paul Kagame était présent physiquement.
Un appel à la retenue
Le président Ruto a souligné l’urgence d’un cessez-le-feu pour permettre un dialogue constructif et la mise en place d’un accord de paix durable. « Nous appelons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, et plus particulièrement le M23 à cesser toute progression et les forces armées de la RDC à suspendre toute mesure de représailles », a déclaré le chef d’État kényan, qui préside actuellement l’EAC.
Une situation humanitaire alarmante
Depuis la prise de Goma par le M23, le conflit s’est étendu à la province voisine du Sud-Kivu. Des affrontements se poursuivent à environ 60 kilomètres de Bukavu, où la population est plongée dans la peur et la panique. Des banques et des écoles ont fermé, et un grand nombre d’habitants ont fui la ville, aggravant la crise humanitaire déjà préoccupante.
Des divergences entre la SADC et l’EAC
Malgré les appels au calme, des divergences subsistent entre les deux organisations régionales. La SADC, dont fait partie la RDC, a réaffirmé son soutien indéfectible à Kinshasa dans la préservation de son intégrité territoriale. De son côté, l’EAC exhorte Kinshasa à engager des négociations avec tous les acteurs, y compris le M23, une option jusqu’ici rejetée par le gouvernement congolais.
Une crise aux multiples enjeux
L’est de la RDC, riche en ressources naturelles stratégiques (tantale, étain, or), est au cœur des tensions. Kinshasa accuse Kigali de chercher à exploiter ces richesses, tandis que le Rwanda affirme vouloir neutraliser des groupes armés issus de l’ex-génocide de 1994. Le président rwandais Paul Kagame réclame le retrait de la mission de la SADC (SAMIDRC), déployée depuis 2023, estimant qu’elle n’a pas sa place dans ce conflit.
Vers une solution durable ?
Malgré les multiples cessez-le-feu conclus depuis 2021, tous ont été rompus, rendant difficile toute issue diplomatique durable. Le Kenya plaide pour une fusion des initiatives de paix menées par l’Angola et l’EAC, espérant ainsi favoriser un compromis entre les parties prenantes. Toutefois, en l’absence d’une volonté commune, le risque d’embrasement régional demeure élevé.
