Élections sénatoriales : ultime étape de la transition politique au Tchad
Un scrutin historique sous tension
Le Tchad a organisé ce mardi ses premières élections sénatoriales, marquant la dernière étape de la transition politique entamée après le coup d’État militaire qui a suivi la mort du président Idriss Déby Itno en avril 2021. Les résultats sont attendus en fin de journée.
Un pouvoir largement consolidé
Mahamat Idriss Déby Itno, fils du président défunt, a été porté au pouvoir par la junte avant d’obtenir, en mai 2024, un mandat présidentiel de cinq ans à l’issue d’un scrutin largement contesté par l’opposition et qualifié de « non libre, ni crédible » par des ONG internationales.
Un parlement bicaméral mis en place
Avec 124 candidats issus de seize formations politiques, cette élection sénatoriale complète la mise en place du parlement bicaméral instauré par la réforme constitutionnelle de 2020 et confirmé par la nouvelle Constitution de décembre 2023. Elle intervient quelques semaines après les élections législatives, qui ont vu la victoire écrasante du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, avec 124 sièges sur 188.
Opposition et critiques
Le principal parti d’opposition, Les Transformateurs, a dénoncé un « échec retentissant » du processus électoral, évoquant un boycott massif et des résultats préfabriqués. Le taux de participation aux législatives de décembre, estimé à 51,56%, reflète une mobilisation mitigée de l’électorat.
Conclusion
Cette élection sénatoriale marque la fin officielle de la transition politique au Tchad, mais les critiques sur la transparence du processus et la domination du pouvoir en place laissent entrevoir une démocratie encore fragile. Sur le plan international, le Tchad poursuit son repositionnement en s’éloignant de la France et en reprenant le contrôle de ses bases militaires, dans un contexte de redéfinition des alliances au Sahel.
