Attente des Résultats des Élections au Tchad : Entre Espoirs et Controverses
Résultats attendus pour le 15 janvier
Au Tchad, les résultats provisoires des élections législatives, communales et provinciales, tenues en décembre 2024, ne seront pas annoncés avant le 15 janvier 2025. Le processus de compilation des procès-verbaux par l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) est en cours, mais les critiques et les dénonciations de manquements graves fusent de plusieurs candidats et partis politiques. Ces derniers réclament même l’annulation partielle des scrutins dans certains départements, invoquant des irrégularités.
Une étape charnière pour la transition politique
Le président tchadien, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a qualifié ces élections d’aboutissement historique pour le retour à l’ordre constitutionnel. Selon lui, la tenue simultanée des trois scrutins représente un succès démocratique qui positionne le Tchad comme un modèle dans la région. Il a également salué la maturité politique des Tchadiens, affirmant que ces élections symbolisent une aspiration nationale à la paix et à la stabilité après des décennies de conflits.
Cependant, pour de nombreux observateurs et activistes, cette vision est contestée. L’activiste Rassou Gagué déplore une démocratie qu’il qualifie de façade :
« On impose les dirigeants au peuple tchadien et on appelle cela démocratie. La paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre, c’est aussi la tranquillité d’esprit. Ici, tu votes ou pas, le résultat est déjà connu. »
Les accusations d’irrégularités
Plusieurs partis et regroupements politiques dénoncent des problèmes organisationnels :
- Ouverture tardive de certains bureaux de vote,
- Manque de matériel électoral comme les urnes et les bulletins,
- Accusations de bourrage des urnes.
Selon Ahmed Bartchiret, président de l’ANGE, le scrutin s’est globalement déroulé dans de bonnes conditions malgré quelques manquements. Il a mis en garde contre les déclarations prématurées de victoire par certains candidats, soulignant que seuls les résultats officiels doivent être pris en compte. Bartchiret a aussi rappelé que le code électoral prévoit des sanctions pénales contre ceux qui enfreignent les règles.
Appels à une gestion impartiale des résultats
Des acteurs de la société civile, comme Rassem Mouga, secrétaire générale adjointe de l’Alliance des défenseurs des droits humains et de l’environnement, exhortent l’ANGE et le Conseil constitutionnel à agir avec transparence et diligence. Ils soulignent que la crédibilité des institutions issues de ces élections dépend de la gestion impartiale des contentieux électoraux et des irrégularités signalées.
Vers une nouvelle transition ?
Pour le parti Les Transformateurs, le boycott massif observé lors de ces scrutins législatifs et locaux montre une perte de confiance des citoyens dans le système. Selon eux, le pays a besoin d’une nouvelle transition politique pour restaurer une véritable démocratie et rétablir la confiance populaire.
Conclusion : un moment décisif pour le Tchad
Les élections de décembre 2024 marquent une étape clé pour le Tchad, mais la route vers la stabilité démocratique reste semée d’embûches. Les allégations d’irrégularités et les tensions politiques soulignent l’importance d’une gestion transparente et crédible des résultats pour éviter une crise post-électorale. La réponse des institutions électorales et constitutionnelles sera déterminante pour consolider la paix et la démocratie dans ce pays d’Afrique centrale.

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