L’Afrique : le futur leader de la géothermie mondiale
Une ressource clé pour répondre aux besoins énergétiques croissants
Alors que 600 millions de personnes en Afrique vivent sans électricité, la géothermie se présente comme une solution prometteuse pour répondre aux défis énergétiques et climatiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le continent pourrait devenir, d’ici 2050, la région ayant la plus grande capacité installée de géothermie au monde.
Un potentiel sous-exploité, mais immense
Le rapport de l’AIE intitulé The Future of Geothermal Energy révèle que l’Afrique pourrait débloquer jusqu’à 25 GW de capacité géothermique grâce à un environnement économique amélioré et un soutien politique accru. Ces ressources, particulièrement concentrées dans la Vallée du Rift (Kenya, Éthiopie, Tanzanie), permettent une exploitation rentable pour répondre à la forte demande énergétique.
Le Kenya : un modèle inspirant
En tête du développement géothermique africain, le Kenya figure parmi les trois pays ayant le plus contribué à l’expansion mondiale de cette énergie. Le pays prévoit de doubler sa capacité d’ici 2030, soutenu par des subventions directes et des innovations technologiques, telles que les systèmes géothermiques améliorés (EGS) et à boucle fermée (AGS).
Les défis du développement géothermique
Malgré son potentiel, la géothermie en Afrique fait face à des obstacles importants :
- Coûts initiaux élevés : Le financement reste une barrière majeure, avec des projets dont la rentabilité peut être longue à atteindre.
- Faibles infrastructures énergétiques : L’intégration rapide de nouvelles capacités pose des défis dans plusieurs pays.
- Croissance inégale : Entre 2018 et 2023, la moyenne annuelle mondiale des ajouts de capacité géothermique a chuté, soulignant les difficultés techniques et financières.
Des recommandations pour exploiter le potentiel
Pour surmonter ces défis, l’AIE recommande des politiques publiques claires et des mécanismes de réduction des risques, incluant des subventions, des incitations fiscales et des prêts avantageux. En parallèle, l’industrie pétrolière et gazière, forte de son expertise en forage, pourrait jouer un rôle crucial dans cette transition énergétique.
Un pilier de la décarbonation africaine
Avec des investissements pouvant atteindre 2,5 trillions de dollars d’ici 2050, la géothermie pourrait transformer le mix énergétique africain. En réduisant la dépendance aux combustibles fossiles, elle contribuerait à atteindre les objectifs climatiques, qui nécessitent l’ajout de 260 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030 selon Climate Analytics.
Conclusion
La géothermie représente une opportunité majeure pour l’Afrique, à condition de lever les freins financiers et structurels qui limitent son expansion. Si elle ne peut répondre seule aux besoins énergétiques du continent, son intégration dans une stratégie énergétique diversifiée, combinant solaire, éolien et investissements dans les infrastructures, pourrait faire de l’Afrique un modèle mondial de transition énergétique durable.

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