Chine-Afrique : recul des importations chinoises, mais hausse des exportations vers le continent au premier trimestre 2025
Le commerce sino-africain affecté par la guerre commerciale engagée par Washington
Les importations de la Chine en provenance d’Afrique ont chuté de 9,4 % au cours du premier trimestre 2025, atteignant 26,69 milliards de dollars, selon les données publiées le 21 avril par l’administration générale des douanes chinoises. Cette baisse est en grande partie due aux mesures protectionnistes américaines contre le « Made in China », mises en œuvre depuis le retour de Donald Trump à la présidence.
Face à la perspective de droits de douane renforcés sur leurs produits exportés vers les États-Unis, les entreprises chinoises ont diminué leurs achats de matières premières africaines afin d’anticiper une contraction de la demande extérieure. Ces matières premières incluent notamment le pétrole brut, le cuivre, le cobalt et le minerai de fer, qui représentent l’essentiel des exportations africaines vers la Chine.
Une dynamique commerciale contrastée
À l’inverse, les exportations chinoises vers l’Afrique ont progressé de 11,3 % sur la même période, pour atteindre 45,92 milliards de dollars. Le commerce bilatéral total entre la Chine et l’Afrique a ainsi légèrement augmenté de 2,7 % en glissement annuel, pour s’établir à 72,6 milliards de dollars au premier trimestre.
Les produits chinois exportés vers le continent sont principalement des biens manufacturés, tels que textiles, équipements mécaniques et électroniques.
Des efforts insuffisants pour rééquilibrer les échanges
Malgré plusieurs initiatives de Pékin visant à réduire l’excédent commercial structurel en sa faveur, les exportations africaines n’ont pas réussi à compenser les effets de la guerre commerciale sino-américaine. Parmi ces initiatives : l’exonération de droits de douane sur 98 % des produits importés de 21 pays africains, ainsi qu’un traitement tarifaire préférentiel pour 33 pays parmi les moins avancés du continent, dont le Rwanda, la Guinée, le Togo, le Mozambique et l’Éthiopie.
Cependant, ces mesures apparaissent pour l’instant insuffisantes pour stimuler durablement les exportations africaines, particulièrement vulnérables aux fluctuations des marchés mondiaux et aux tensions géopolitiques.

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