MSF suspend ses activités à Djibo, au Burkina Faso, pour des raisons sécuritaires
Suspension des opérations à Djibo
Médecins sans frontières (MSF) a annoncé ce lundi la suspension de ses activités à Djibo, une ville du nord du Burkina Faso. Encerclée par des groupes djihadistes, la ville fait face à une dégradation croissante de la sécurité, mettant en péril les opérations de l’ONG. MSF a indiqué que cette décision a été prise après une série d’incidents, incluant des attaques visant les centres de santé, les points de distribution d’eau et même les locaux de l’organisation.
Situation sécuritaire en détérioration
Selon un responsable de MSF, les attaques imputées à des groupes armés se sont intensifiées cette année, rendant les conditions de travail de plus en plus difficiles. « Les conditions se détériorent au Burkina et on ne sent pas le soutien des autorités locales », a-t-il confié à l’AFP. La suspension de ces activités prive la population locale, qui dépend en grande partie de l’aide humanitaire pour accéder aux soins.
Djibo, une ville sous pression
Djibo, chef-lieu de la province du Seno, accueille plus de 200 000 personnes, dont un grand nombre de déplacés internes, un chiffre en forte augmentation par rapport aux 60 000 habitants qu’elle comptait il y a cinq ans. Depuis plus de deux ans, la ville est encerclée par des groupes djihadistes opérant dans la région dite des trois frontières (Niger, Burkina, Mali). En juillet, des tirs avaient ciblé le bureau de MSF à Djibo, détruisant des infrastructures d’approvisionnement en eau fournies par l’ONG.
MSF confrontée à une insécurité grandissante
En février 2023, MSF avait déjà suspendu ses activités dans tout le Burkina Faso pendant trois semaines, après la mort de deux employés burkinabè lors d’une attaque perpétrée par des hommes armés. Plus récemment, en septembre, un autre collaborateur de MSF a été tué à Djibo dans des circonstances encore à l’étude. Moussa Ousman, responsable des programmes Afrique de l’Ouest et centrale pour MSF, a souligné l’importance de garantir des conditions de sécurité adéquates pour permettre à l’organisation de poursuivre sa mission auprès des communautés touchées par la violence.
Conclusion
La suspension des activités de MSF à Djibo est une conséquence directe de la détérioration de la sécurité dans cette région du Burkina Faso. Sans l’assistance médicale de l’ONG, les habitants de cette ville, déjà lourdement affectés par le conflit, sont désormais privés de services essentiels dans un contexte de violence et d’instabilité.
