Le lithium au Nigeria : les enfants victimes de l’exploitation dans les mines illégales

Le lithium au Nigeria : les enfants victimes de l’exploitation dans les mines illégales

Une exploitation illégale en pleine expansion

Au cœur de Pasali, dans l’État de Nasarawa au Nigeria, l’extraction illégale de lithium a bouleversé cette paisible communauté. Depuis une décennie, des sites artisanaux se multiplient, attirant des mineurs désespérés par leur pauvreté. Parmi eux, des enfants, certains âgés de seulement six ans, travaillent dans des conditions périlleuses.

Des enfants forcés à risquer leur vie

Les enfants sont bien conscients des risques encourus, mais leur survie et celle de leurs familles passent avant tout. Juliet Samaniya, âgée de six ans, porte chaque jour des sacs de lithium, comme beaucoup d’autres. Ces jeunes travailleurs extraient, trient et transportent des pierres dans des conditions insoutenables, sans équipements de sécurité.

« Nous savons que c’est illégal, mais nous devons manger », confie Abdullahi Sabiu, un mineur qui justifie cette activité par l’absence de soutien gouvernemental.

Une demande mondiale qui alimente l’exploitation

La demande croissante de lithium, utilisé notamment dans les batteries des véhicules électriques et pour le stockage d’énergie, alimente cette exploitation. Des entreprises chinoises, principales consommatrices de lithium, participent indirectement à cette chaîne d’approvisionnement où les plus vulnérables paient le prix fort.

« Si des entreprises officielles prenaient le contrôle des sites, elles interdiraient le travail des enfants. Mais pour l’instant, ces enfants n’ont pas d’autre choix pour survivre », explique Aliyu Ibrahim, marchand de lithium.

Des conditions de travail rudimentaires et dangereuses

Dans ces mines, les méthodes d’extraction restent primitives. Les mineurs, y compris des enfants, creusent à l’aide de simples haches et s’aventurent dans des puits sombres, sans protection. Une équipe de six enfants peut remplir jusqu’à 10 sacs de 25 kg par jour, un travail éreintant et risqué.

Des vies broyées par la pauvreté

Les habitants, souvent trop pauvres pour envisager d’autres options, continuent d’exploiter les enfants malgré les dangers. Ces jeunes mineurs, rejetés par certaines communautés, trouvent refuge sur des sites où ils sont autorisés à travailler pour gagner de quoi se nourrir.

« La majorité d’entre nous sommes pauvres. Si les enfants trouvent du lithium sur mon site, je ne peux pas les empêcher de travailler », ajoute Aliyu Ibrahim.

Un commerce illicite qui échappe au contrôle des autorités

Une fois extraits, les minerais sont ensachés et entament un long voyage jusqu’à la chaîne d’approvisionnement mondiale. Dans la région, des dizaines de mines clandestines continuent d’opérer en dehors de tout cadre légal, échappant à la surveillance des autorités.

Conclusion : une urgence humanitaire et environnementale

L’exploitation illégale du lithium au Nigeria met en lumière l’impact dévastateur de la pauvreté et de la demande mondiale sur les populations vulnérables. L’urgence d’une intervention des autorités nationales et internationales est évidente, non seulement pour protéger les enfants, mais aussi pour réguler une activité qui menace à la fois l’humanité et l’environnement.

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