Ezekiel Messou : du réparateur de machines à coudre aux grandes galeries européennes

Ezekiel Messou : du réparateur de machines à coudre aux grandes galeries européennes

Un parcours atypique, de Ganvié à Lagos

Originaire de Ganvié, la célèbre cité lacustre du Bénin classée par l’Unesco, Ezekiel Messou s’est initié très jeune à la réparation de machines à coudre à Lagos, au Nigeria. C’est au contact des multiples pièces mécaniques qu’il découvre sa passion pour le dessin : « À force d’observer les pièces pour mieux les réparer, j’ai commencé à les dessiner », confie-t-il, par l’intermédiaire de son traducteur Ponce Zannou.

De simples schémas à une esthétique singulière

Au départ, ses croquis étaient rudimentaires, réalisés au crayon et au stylo bille. Mais peu à peu, son style évolue : les formes deviennent plus libres, les couleurs s’invitent, les formats grandissent. Toujours fidèle à ses outils de base — papier, crayons, stylos et règle — Ezekiel Messou transforme les éléments techniques en véritables compositions artistiques, évoquant parfois Jean Dubuffet ou Keith Haring.

Son talent est repéré par Lucienne Peiry, alors directrice de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, qui achète plusieurs de ses carnets pour le musée. Depuis, l’artiste béninois est devenu une figure montante de l’art brut à l’international.

Un amour constant pour les machines

Bien qu’il soit aujourd’hui reconnu sur la scène artistique, Ezekiel Messou n’a jamais abandonné son métier de réparateur. Fasciné par la beauté des machines à coudre, il continue de puiser son inspiration dans cet univers mécanique. Ses œuvres nécessitent plusieurs semaines de travail, selon leur format : « Quatre semaines pour un grand format, deux pour un moyen, et une semaine pour un format A4 », précise-t-il.

Installé dans son modeste atelier, l’artiste rêve néanmoins d’un espace plus vaste, à la fois pour ses réparations et pour ses créations.

Ganvié comme nouvelle source d’inspiration

Au fil du temps, Ezekiel Messou a élargi son champ artistique : en plus des machines, il immortalise désormais les paysages de Ganvié, sa ville natale. Les maisons sur pilotis, les scènes de la vie quotidienne sur l’eau apparaissent dans ses compositions, enrichissant encore davantage son univers visuel unique.

Vers une reconnaissance européenne

Touché par l’accueil enthousiaste de son travail en Europe, Ezekiel Messou aspire à venir exposer en personne, voire à créer sur place. Ses œuvres sont actuellement visibles à la Galerie Vallois à Paris, dans l’exposition Qui sait l’avenir jusqu’au 26 avril, et seront bientôt présentées au Grand Palais, dans l’exposition Art Brut. Dans l’intimité d’une collection du 11 juin au 21 septembre 2025.

Conclusion

En transformant son savoir-faire artisanal en un langage artistique universel, Ezekiel Messou prouve qu’avec passion et persévérance, il est possible de passer des petites échoppes de Ganvié aux plus grandes galeries européennes. Une trajectoire inspirante qui ne fait sans doute que commencer.

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