Éthiopie : Le gouvernement lève la suspension de quatre ONG de défense des droits humains
Une suspension controversée
En décembre 2024, l’Autorité des organisations de la société civile (ACSO) avait suspendu quatre ONG éthiopiennes engagées dans la défense des droits humains :
- Centre pour l’avancement des droits et de la démocratie (CARD)
- Avocats pour les droits humains (LHR)
- Centre éthiopien des défenseurs des droits humains (EHRDC)
- Conseil éthiopien des droits de l’homme (EHRCO)
Cette décision avait suscité de vives critiques de la part des organisations locales et internationales, qui y voyaient une entrave aux libertés fondamentales.
Un revirement sous pression
La levée de la suspension a été annoncée par la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), une institution publique, marquant un revirement dans la politique gouvernementale. Cette décision intervient alors que l’Éthiopie est sous le regard attentif des organisations internationales et des bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne et les Nations unies, qui avaient exprimé leur inquiétude face à la restriction de l’espace civique.
Un climat politique tendu
Depuis la fin du conflit au Tigré, l’Éthiopie reste marquée par des tensions politiques et sécuritaires, notamment dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia. La répression des voix dissidentes et les restrictions imposées aux médias et aux organisations de la société civile ont alimenté les critiques contre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.
Une victoire pour la société civile ?
Si la réintégration des ONG est un signal positif, les défenseurs des droits humains restent prudents quant à la marge de manœuvre réelle dont disposeront ces organisations. Leur rôle dans le suivi des violations des droits et la promotion de la démocratie en Éthiopie reste essentiel, mais leur liberté d’action pourrait rester sous surveillance stricte des autorités.
Un test pour la démocratie éthiopienne
Ce revirement du gouvernement sera scruté de près par la communauté internationale. L’évolution de la situation des droits humains en Éthiopie pourrait influencer les relations du pays avec ses partenaires internationaux et conditionner certains financements et aides au développement.

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