Afrique du Sud : 36 corps extraits d’une mine abandonnée
Une tragédie dans les galeries souterraines
Un total de 36 corps de mineurs clandestins ont été extraits d’une mine abandonnée près de Stilfontein, à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Johannesburg. Les opérations de secours, entamées depuis deux jours, ont permis de remonter neuf dépouilles lundi et 27 autres mardi.
Parallèlement, plusieurs dizaines de mineurs ont pu être sauvés, bien que gravement affaiblis. Le bilan, toujours provisoire, pourrait s’alourdir, les autorités estimant qu’une centaine de corps se trouvent encore dans les galeries.
Une situation alarmante au cœur de Stilfontein
La mine, située dans le veld de Stilfontein, est le théâtre d’une intense activité clandestine. Les mineurs, appelés zama zamas (« ceux qui essaient » en zoulou), y creusent dans des conditions précaires, souvent au péril de leur vie. Majoritairement étrangers, ils sont estimés à plusieurs milliers à exploiter illégalement les anciennes mines d’or sud-africaines.
Depuis août, plus de 1 500 personnes ont été évacuées de ce site, où les autorités ont restreint l’accès aux ressources vitales comme l’eau et la nourriture. Ce blocus, couplé à des interventions policières musclées, a provoqué de vives tensions et des accusations d’inhumanité envers les autorités locales.
Des témoignages accablants
Levies Pilusa, porte-parole des habitants du township voisin de Khuma, a indiqué que des messages provenant des galeries faisaient état de plus de 109 dépouilles. Une vidéo relayée par l’ONG Macua montre également des dizaines de corps empaquetés dans l’obscurité des tunnels.
Les secours, qui se déroulent par intermittence, devraient se poursuivre pendant encore dix jours, selon la police sud-africaine.
Des réactions controversées
Face à cette tragédie, les propos de la ministre Khumbudzo Ntshavheni ont suscité une vive controverse. En novembre, elle avait déclaré : « Nous allons les enfumer et ils sortiront », une remarque dénoncée comme indifférente au sort des mineurs clandestins.
Conclusion
La crise de Stilfontein met en lumière les défis liés à l’exploitation minière clandestine en Afrique du Sud. Si le pays reste un leader mondial dans la production d’or, ces activités illégales révèlent les disparités sociales, l’insécurité des mineurs et l’incapacité des autorités à trouver des solutions humaines et durables. Cette tragédie appelle à une gestion plus responsable et équitable des ressources naturelles et de leurs retombées économiques.

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