Un moustique asiatique fait grimper les cas de paludisme en Afrique
Anopheles stephensi : un envahisseur redoutable
Un moustique urbain originaire d’Asie, l’Anopheles stephensi, est désormais responsable d’une recrudescence alarmante des cas de paludisme en Afrique de l’Est. Résistant aux insecticides, cet insecte, principal vecteur de la maladie dans des régions indiennes et iraniennes, a été signalé pour la première fois en Afrique à Djibouti en 2012.
Djibouti, qui avait presque éradiqué le paludisme en 2012 avec seulement 27 cas, a vu un retour massif de l’infection. En 2020, le pays enregistrait plus de 70 000 cas, marquant une inversion dramatique des progrès obtenus dans la lutte contre cette maladie sur le continent.
Une propagation inquiétante en Afrique de l’Est
Depuis son apparition à Djibouti, l’Anopheles stephensi s’est rapidement propagé, affectant des pays voisins comme l’Éthiopie et le Soudan. Contrairement aux moustiques africains traditionnels, cette espèce s’adapte bien aux environnements urbains, ce qui complique la lutte contre sa prolifération dans les grandes villes.
Cette expansion géographique et écologique pourrait menacer des décennies d’efforts visant à réduire la prévalence du paludisme en Afrique. En s’implantant dans les zones urbaines où vivent de nombreuses personnes vulnérables, ce moustique pourrait entraîner une augmentation significative de la mortalité liée à cette maladie.
Une résistance aux insecticides
L’un des principaux défis posés par l’Anopheles stephensi est sa résistance accrue aux insecticides utilisés couramment. Cela compromet l’efficacité des outils traditionnels comme les pulvérisations d’insecticides et complique le contrôle de sa population.
Les moustiquaires imprégnées demeurent néanmoins une méthode efficace pour réduire les risques, bien qu’elles ne soient pas toujours adaptées à l’environnement urbain où les moustiques peuvent proliférer dans des réservoirs d’eau artificiels.
Réponse internationale : une mobilisation urgente nécessaire
Face à cette menace émergente, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une action coordonnée pour ralentir la propagation de l’Anopheles stephensi. Les experts insistent sur l’importance d’une surveillance accrue, de nouvelles approches de contrôle des vecteurs et d’une innovation en matière de lutte contre les moustiques résistants.
Des recherches sont en cours pour développer des solutions adaptées aux défis spécifiques posés par cette espèce, y compris des méthodes de lutte biologique et de modification génétique.
Conclusion : Une bataille cruciale pour préserver les acquis
L’arrivée de l’Anopheles stephensi en Afrique de l’Est constitue une menace majeure pour les progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme. La capacité de cette espèce à s’adapter aux environnements urbains, couplée à sa résistance aux insecticides, exige une réponse rapide et innovante à l’échelle régionale et mondiale.
Sans une mobilisation urgente, des millions de personnes supplémentaires pourraient être exposées au paludisme, mettant en péril des décennies d’efforts de santé publique sur le continent africain.
