Tchad : Ndolembai Njesada appelle à l’amnistie totale de Succès Masra

Tchad : Ndolembai Njesada appelle à l’amnistie totale de Succès Masra

Un verdict qui secoue la scène politique

Le 9 août 2025, l’ancien Premier ministre et leader du parti d’opposition Les Transformateurs, Succès Masra, a été condamné à vingt ans de prison ferme et à verser un milliard de francs CFA de dommages et intérêts à l’État tchadien. Il est reconnu coupable de diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe, ainsi que de complicité de meurtre, en lien avec le massacre intercommunautaire de Mandakao, qui a coûté la vie à 42 personnes en mai dernier.
Ses avocats disposent jusqu’au 19 août pour déposer un pourvoi en cassation. Pour le parti, ce verdict est perçu comme un choc, mais pas comme la fin de la lutte politique.

« Une condamnation politique » selon Les Transformateurs

Ndolembai Njesada, vice-président du parti chargé des affaires politiques et de la diaspora, dénonce un procès entaché d’irrégularités. Selon lui, la principale preuve avancée par l’accusation — un enregistrement audio — n’a jamais été présentée lors des trois jours d’audience.
Pour Les Transformateurs, la décision judiciaire ne repose pas sur des bases solides et résulte d’une motivation essentiellement politique. Njesada appelle à une solution politique pour éviter d’aggraver les tensions et pour remettre le pays sur la voie de la réconciliation et de la paix.

Répercussions sur l’accord de Kinshasa

Le verdict intervient malgré l’accord de Kinshasa, signé sous la médiation du président congolais Félix Tshisekedi et de la CEEAC. Njesada estime que cette condamnation remet en cause l’esprit même de cet accord, conclu pour favoriser la réconciliation nationale. Il appelle les garants de cet engagement à intervenir pour préserver ce qui peut encore l’être.

Un appel direct au président Déby

Plutôt qu’une grâce présidentielle, Ndolembai Njesada plaide pour une amnistie totale de Succès Masra, estimant que l’ancien Premier ministre est innocent des faits qui lui sont reprochés. Il invite le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby, à « rouvrir des voies de communication sincères » et à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Conclusion

L’affaire Masra met en lumière les fragilités du dialogue politique tchadien et la persistance des tensions autour de la réconciliation nationale. Pour Les Transformateurs, le combat ne s’arrête pas avec cette condamnation : la bataille judiciaire et politique se poursuivra, avec l’amnistie comme objectif ultime. Reste à savoir si le président Déby répondra à cet appel, dans un contexte où l’espace politique semble se refermer.

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