Soudan : l’épidémie de choléra s’aggrave sur fond de guerre et de silence officiel

Soudan : l’épidémie de choléra s’aggrave sur fond de guerre et de silence officiel

Alors que le Soudan s’enlise dans une guerre meurtrière depuis avril 2023, une grave épidémie de choléra ravage le pays, en particulier la capitale Khartoum. Plus de 2 700 cas et 172 décès ont été enregistrés en une semaine, selon les chiffres officiels. Mais sur le terrain, médecins et humanitaires dénoncent une situation bien plus dramatique.

Une crise sanitaire étouffée

Le ministère de la Santé de l’État de Khartoum a annoncé le 1er juin 2025 une prétendue baisse du nombre de décès. Une déclaration vivement contestée par Sudan’s Doctors for Human Rights, qui accuse les autorités de minimiser l’ampleur de la catastrophe sanitaire.

« Le gouvernement essaie de cacher l’ampleur de la catastrophe, je ne sais pas pourquoi », alerte Raina Suleiman, membre de l’organisation. « 60 % des hôpitaux de la capitale sont détruits, il n’y a pas d’électricité, pas d’eau potable, pas assez de médecins, et surtout, un manque cruel de sérums pour réhydrater les malades. »

Des médicaments détournés et vendus au marché noir

Dans ce contexte chaotique, l’aide humanitaire internationale, détournée et pillée à Port-Soudan, alimente désormais le marché noir. Les sérums, essentiels pour traiter les cas de choléra, y sont vendus à des prix inaccessibles. « Personne n’a les moyens de les acheter », déplore la médecin.

Propagation fulgurante faute de moyens

Sans eau potable, sans stratégie d’isolement, sans infrastructures, l’épidémie se propage à grande vitesse. « Les malades arrivent avec leurs familles, leurs voisins… et tout le monde repart infecté », explique Raina Suleiman. L’absence totale de prévention et de prise en charge accélère la contamination.

La guerre, toile de fond de la crise sanitaire

La guerre entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdane Dagalo, dit Hemedti, paralyse tout effort humanitaire. Le conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts, déplacé 13 millions de personnes, et provoqué ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».

Face à cette tragédie sanitaire et humanitaire, les voix médicales s’élèvent : « Arrêtez les combats, arrêtez cette guerre

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