RDC : un projet de circulation alternée à Kinshasa suscite la polémique
À Kinshasa, capitale tentaculaire de plus de 17 millions d’habitants, un projet visant à instaurer une circulation alternée pour désengorger la ville fait débat. Le sujet est au cœur d’une réunion prévue ce 19 mai 2025 entre autorités locales et nationales.
Une ville paralysée par les embouteillages
Les embouteillages font partie du quotidien des Kinois. Les principales artères sont régulièrement saturées, affectant la productivité, les déplacements scolaires, l’accès aux soins, et la vie sociale. Malgré plusieurs tentatives précédentes pour résoudre ce problème chronique, aucune n’a permis de soulager durablement la situation.
Un communiqué controversé
La polémique est née d’un communiqué non signé diffusé le 16 mai sur les réseaux sociaux, annonçant deux mesures :
- L’interdiction de circulation des poids lourds de 5h à 22h dans la ville
- L’instauration d’une circulation alternée selon les plaques d’immatriculation :
- Plaques impaires : lundi, mercredi, vendredi et dimanche
- Plaques paires : mardi, jeudi, samedi et dimanche
Cette dernière mesure, en particulier, a suscité de vives critiques dans l’opinion publique.
Des critiques sur la faisabilité
Face à l’agitation, le cabinet du gouverneur Daniel Bumba a précisé que ces décisions ne sont pour l’instant qu’un projet à discuter, notamment lors de la réunion prévue avec le ministre des Transports Jean-Pierre Bemba.
Selon plusieurs sources proches du dossier, la circulation alternée divise fortement. Dans une ville où les transports en commun sont quasi inexistants, interdire la voiture à la moitié de la population certains jours semble irréaliste. Très peu de bus, d’écoles avec transports organisés ou de trains circulent dans la capitale.
Un proche de la présidence a qualifié la mesure d’« irrationnelle », soulignant qu’elle serait compliquée à faire appliquer et qu’elle pourrait aggraver les difficultés de mobilité des citoyens.
Conclusion
Le projet de circulation alternée à Kinshasa reflète la volonté des autorités de s’attaquer à un problème structurel, mais soulève de sérieux doutes sur sa pertinence et sa faisabilité. Dans une ville marquée par un manque criant de solutions alternatives, imposer des restrictions de circulation pourrait pénaliser davantage les habitants sans régler durablement les embouteillages. La réunion du 19 mai pourrait être déterminante pour redéfinir une stratégie plus adaptée aux réalités de terrain.

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