RDC : Thomas Lubanga, chef du mouvement CRP, appelle à un dialogue inclusif
Un retour politique sous tension depuis Kampala
Thomas Lubanga, ex-chef de guerre en Ituri et fondateur du mouvement politico-militaire Convention pour la Révolution Populaire (CRP), refait surface sur la scène politique congolaise. Depuis Kampala, où il affirme vivre en exil forcé, Lubanga a tenu une conférence de presse le 16 juillet 2025, dénonçant la « persécution » subie par ses compagnons et lui-même. Il accuse les autorités de Kinshasa d’ »affairisme » et d’ »incapacité » à ramener la paix en Ituri.
La création de la CRP avait été annoncée dès mars 2025 depuis l’Ouganda, un pays soupçonné par des experts de l’ONU de soutenir ses activités. Thomas Lubanga a catégoriquement rejeté ces accusations, assurant qu’avec un soutien réel de Kampala, il « serait déjà à la porte de Kinshasa ».
Des processus de paix jugés insuffisants
S’exprimant sur les initiatives diplomatiques en cours, Thomas Lubanga a sévèrement critiqué les processus de Nairobi et Luanda, les qualifiant d’échecs. Il a reconnu les avancées représentées par l’accord de Washington et les discussions de Doha, mais les considère comme insuffisantes pour résoudre durablement la crise congolaise. Pour lui, limiter les pourparlers à quelques acteurs ou les centrer sur les ressources minières est une « grave erreur ».
« La crise congolaise peut-elle être résolue juste par quatre parties ? », a-t-il lancé, avant d’appeler à une « approche holistique ».
Un soutien affirmé à l’opposition armée et religieuse
Thomas Lubanga ne cache plus sa proximité idéologique avec l’AFC/M23, un autre acteur majeur de l’opposition armée au régime de Félix Tshisekedi. Selon lui, la « fin du régime actuel » est un préalable au redressement du pays. Dans le même temps, il a exprimé son soutien à l’initiative conjointe des Églises catholique et protestante, qui appellent à un dialogue national inclusif pour sortir la RDC de l’impasse sécuritaire et politique.
Conclusion : un acteur controversé qui réclame un rôle central
Condamné à 14 ans de prison par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, Thomas Lubanga tente aujourd’hui de s’imposer comme un acteur incontournable de la paix en RDC. Entre rejet des processus diplomatiques en cours, appel à un dialogue élargi et soutien à l’opposition armée, sa posture divise. Mais elle reflète aussi les limites des solutions actuelles. Dans un paysage congolais fracturé, la question se pose : peut-on parvenir à une paix durable sans inclure tous les acteurs, même les plus controversés ?
