RDC : Kinshasa et l’AFC/M23 signent une déclaration de principe à Doha pour avancer vers un cessez-le-feu
Un pas vers la paix dans l’est du pays
Après plus de trois mois de négociations directes à Doha, le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23 ont signé ce samedi 19 juillet 2025 une déclaration de principe, posant les jalons d’un futur accord de paix durable. Sous la médiation du Qatar, cette signature marque une étape majeure dans la tentative de résolution du conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ravagé depuis plusieurs années.
Un texte structurant en vue d’un cessez-le-feu permanent
Selon les informations recueillies par RFI, le texte signé prévoit la mise en place d’un mécanisme de suivi pour un cessez-le-feu permanent, la restauration de l’autorité de l’État dans les zones concernées et un cadre de négociation pour les étapes suivantes. Cette déclaration intervient dans la foulée de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, conclu à Washington le 27 juin dernier.
Présente à la cérémonie de signature, la diplomatie qatarienne a rappelé que la mise en œuvre des engagements incombe avant tout aux deux parties signataires.
Réactions à Kinshasa et au-delà
Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a salué « une étape-clé vers l’accord de paix », tandis que Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a souligné à la télévision publique (RTNC) que le texte s’appuie sur le respect de la Constitution congolaise :
« Ce qui a été signé aujourd’hui à Doha découle d’un processus entamé il y a quatre mois, et prépare un accord plus détaillé en vue de restaurer une paix globale à l’est de notre pays. »
Réactions régionales et internationales
Du côté de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission, a salué dans un communiqué « une avancée significative vers une paix durable dans la région des Grands Lacs ».
L’ambassadrice américaine en RDC, Lucy Tamlyn, a estimé qu’il s’agissait d’« une opportunité cruciale pour tourner la page du conflit ».
La Belgique a également réagi, parlant d’un « moment crucial », en appelant les parties à honorer pleinement leurs engagements.
La Monusco, présente en RDC, a mis en avant l’engagement commun à garantir un retour volontaire, sécurisé et digne des personnes déplacées, tout en poursuivant un dialogue inclusif.
Un tournant attendu dans un conflit meurtrier
Depuis janvier et février 2025, l’AFC/M23 a pris le contrôle de zones stratégiques riches en minerais dans le Nord-Kivu, à la faveur d’une offensive éclair. Après l’accord de paix signé entre Kinshasa et Kigali, l’AFC/M23 avait insisté pour mener sa propre négociation directe avec le gouvernement congolais.
Cette déclaration de Doha marque donc un tournant potentiel. Il reste maintenant à transformer cette avancée diplomatique en réalité sur le terrain, dans une région où le retour à la stabilité demeure un immense défi.

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