RDC : Des Malades Atteints du Mpox en Fuite Après l’Intensification des Combats à Goma
Une Crise Sanitaire Aggravée par le Conflit
Des dizaines de patients atteints du mpox (anciennement variole du singe), placés en isolement dans un hôpital de Goma, ont fui les établissements de santé en raison de la détérioration du climat sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ce vendredi 14 février 2025.
Le M23, un groupe armé antigouvernemental soutenu par les forces rwandaises, poursuit sa progression militaire en province du Sud-Kivu depuis mercredi, après une brève accalmie. À la fin janvier, l’organisation rebelle et ses alliés avaient capturé la ville stratégique de Goma, située dans la province du Nord-Kivu, forçant les forces congolaises à battre en retraite.
D’après l’OMS, la RDC reste le pays le plus touché par le mpox, avec 1.348 cas confirmés en laboratoire entre janvier et le 2 février 2025. Bien qu’aucun décès n’ait été signalé pour le moment, l’OMS alerte sur la virulence de la variante 1b du mpox, détectée pour la première fois dans le Sud-Kivu en 2023 et désormais répandue à l’échelle mondiale.
L’Exode des Patients Infectés
La crise sanitaire s’est encore aggravée à cause des affrontements entre le M23 et l’armée congolaise, notamment à Goma et ses environs. Le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a confirmé que les hostilités avaient considérablement ralenti la réponse sanitaire face à l’épidémie.
« Sur les 143 patients confirmés atteints du mpox, placés en isolement à Goma et dans les zones voisines, 128 ont fui, craignant pour leurs vies. Seuls 15 patients sont restés en quarantaine. »
Certains hôpitaux ont été pillés et d’autres contraints de fermer, privant ainsi de nombreux malades de soins essentiels. Lindmeier a néanmoins insisté sur le fait que les structures médicales n’étaient pas totalement hors service, bien que leur capacité d’intervention soit fortement réduite.
Une Crise Humanitaire Sans Précédent
Au-delà de l’épidémie, la situation humanitaire continue de se détériorer. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a signalé que plusieurs camps de réfugiés et abris d’urgence avaient été détruits lors des récentes offensives du M23.
Selon la porte-parole du HCR, Eujin Byun :
« Des tirs d’artillerie et des pillages ont entraîné la destruction de 70.000 abris d’urgence à Goma et Minova, laissant environ 350.000 personnes déplacées sans toit. »
Face aux violences, les populations fuyant les combats cherchent refuge dans des églises, écoles et hôpitaux surpeuplés, où l’accès à l’aide humanitaire est limité en raison de l’insécurité croissante.
Alors que la RDC est déjà confrontée à l’une des plus graves crises humanitaires au monde, la conjonction entre le conflit armé, la crise sanitaire et l’exode des populations rend l’intervention humanitaire de plus en plus difficile.

Une analyse qui enrichit le débat public.