Présidentielle en Ouganda : la nouvelle candidature de Yoweri Museveni suscite fatalisme et tensions
Un septième mandat pour Museveni, au pouvoir depuis 1986
Le président Yoweri Museveni, 80 ans, a officialisé ce samedi 28 juin sa candidature pour un septième mandat à la tête de l’Ouganda lors de l’élection présidentielle prévue en janvier 2026. La déclaration a été publiée sur la plateforme X (anciennement Twitter), où il a confirmé avoir déposé sa candidature auprès du Mouvement de résistance nationale (NRM), le parti qu’il dirige depuis près de quatre décennies.
Pour mémoire, la Constitution ougandaise a été modifiée à deux reprises (en 2005 puis en 2017) pour supprimer les limites de mandats et d’âge présidentiel, permettant ainsi à Museveni de prolonger indéfiniment son règne entamé en 1986.
Un soutien sans faille dans son camp
Du côté du NRM, cette candidature est saluée avec enthousiasme.
« Les gens s’y attendaient et beaucoup approuvent son choix », a déclaré Enoch Barata, directeur des services juridiques du parti.
Il affirme que Museveni reste un atout politique et économique pour le pays :
« Ce n’est pas le temps passé au pouvoir qui compte, mais le projet. Le président veut diversifier l’économie et renforcer la lutte contre la corruption. »
Le parti au pouvoir mise donc sur la stabilité et la continuité pour faire face aux défis économiques et sécuritaires de l’Ouganda.
L’opposition entre colère, résignation et mobilisation
Dans l’opposition, l’annonce a été reçue avec un mélange de fatalisme et de frustration.
« À chaque mandat, il promet que c’est le dernier, et à chaque fois, il revient… », déplore David Lewis Rubongoya, secrétaire général de la National Unity Platform (NUP), le principal parti d’opposition.
Celui-ci dénonce une jeunesse sacrifiée, victime du chômage, de la pauvreté et d’un système verrouillé par la corruption. Alors que le leader du NUP, Bobi Wine, a déjà déposé sa candidature, le parti continue de croire en une victoire possible, à condition que le scrutin soit libre et équitable :
« Nos militants sont arrêtés, enlevés, certains sont toujours détenus. Mais on ne peut pas abandonner », martèle Rubongoya.
Dans ce contexte, l’autre figure historique de l’opposition, Kizza Besigye, reste en détention préventive dans l’attente de son procès, symbole selon ses partisans d’une répression politique persistante.
Conclusion : une élection sous tension, reflet d’un pouvoir sans alternance
La confirmation de la candidature de Yoweri Museveni renforce l’image d’un pouvoir ougandais figé et verrouillé par des réformes sur mesure et un usage massif de l’appareil sécuritaire. Si son parti met en avant la stabilité politique, l’opposition, elle, dénonce un système autoritaire déguisé, miné par l’injustice et les violations des droits civiques.
À six mois du scrutin, l’Ouganda entre dans une nouvelle séquence politique tendue, marquée par des promesses de réformes, mais aussi par une jeune génération en quête de changement, dans un pays où l’alternance semble encore hors de portée.

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