Présidentielle au Cameroun : Maurice Kamto conteste son exclusion devant le Conseil constitutionnel
Le principal opposant camerounais Maurice Kamto a saisi le Conseil constitutionnel ce lundi 28 juillet pour contester la décision du Conseil électoral qui l’a exclu de la liste provisoire des candidats à la présidentielle du 12 octobre 2025.
Une disqualification pour « pluralité d’investitures »
Une candidature déposée sous la bannière du Manidem
Écarté samedi par Elections Cameroon (Elecam), Maurice Kamto, qui se présente cette année sous l’étiquette du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem), a vu son dossier rejeté pour pluralité d’investitures. Un autre militant aurait également soumis une candidature au nom du même parti.
Cette décision de changer de formation politique est liée à une disposition du Code électoral qui impose aux partis en lice de disposer d’élus au Parlement ou dans les conseils municipaux. Or, son ancien parti, le MRC, avait boycotté les élections de 2020.
Colère chez les partisans de Kamto
Une décision jugée « injuste » et « à deux vitesses »
L’éviction du leader de l’opposition, arrivé deuxième à la présidentielle de 2018, suscite une vague d’indignation dans les médias locaux et les milieux politiques. Ses partisans dénoncent une décision arbitraire et inéquitable.
« L’élimination de Maurice Kamto pour pluralité d’investitures est un scandale mondial, surtout que le RDPC [parti présidentiel] a présenté deux candidats sans être inquiété », accuse Djeukam Chameni, du Groupe de Douala.
Le RDPC se défend de toute partialité
« Des cas différents », selon le parti au pouvoir
Pour le RDPC, cette polémique est sans fondement. Patrick Rifoe, communicant du parti présidentiel, affirme que le dossier du Manidem est particulier :
« Les cas ne sont pas identiques. Le Manidem est miné par des conflits de leadership anciens, bien avant les dépôts de candidatures. Ce facteur a été déterminant dans la décision d’Elecam. »
Conclusion : un recours à fort enjeu
La contestation juridique de Maurice Kamto intervient dans un contexte politique tendu, où la légitimité du processus électoral est une fois encore remise en question. Si le Conseil constitutionnel rejette son recours, l’opposant emblématique pourrait être absent du scrutin présidentiel pour la deuxième fois consécutive, renforçant ainsi le sentiment d’un verrouillage de l’espace politique camerounais au profit du pouvoir en place.

Une lecture utile pour comprendre les dynamiques sociales.