Présidentielle au Cameroun : la candidature de Maurice Kamto invalidée par l’Élécam
La Commission électorale nationale indépendante du Cameroun (Élécam) a publié ce 26 juillet 2025 la liste provisoire des candidats retenus pour la présidentielle du 12 octobre. Sur les 83 dossiers déposés, seuls 13 ont été validés. Le président sortant Paul Biya est de nouveau en lice pour un huitième mandat, tandis que son principal rival, Maurice Kamto, a vu sa candidature rejetée. Une décision qui suscite déjà une vive polémique.
Paul Biya de nouveau candidat à 92 ans
Le chef de l’État camerounais, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat à l’âge de 92 ans. Il représentera une fois de plus le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Face à lui, douze autres candidats ont été retenus, dont plusieurs figures bien connues du paysage politique camerounais.
Une opposition fragmentée mais déterminée
Parmi les candidats retenus figurent :
- Bello Bouba Maïgari (UNDP) et Issa Tchiroma Bakary (FSNC), deux anciens ministres du régime Biya passés dans l’opposition.
- Akéré Muna, sous la bannière du parti Univers, qui cette fois ne se désistera pas, tout en restant ouvert à une candidature commune de l’opposition.
- Joshua Osih, du Front social démocrate (SDF), qui participera à sa deuxième présidentielle.
- Tomaïno Ndam Njoya, seule femme en lice, investie par l’Union démocratique du Cameroun (UDC).
- Samuel Hiram Iyodi, 37 ans, plus jeune candidat de cette édition, représentant le Fonds des démocrates camerounais (FDC).
L’éviction controversée de Maurice Kamto
Le rejet de la candidature de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), marque un tournant dans cette course. Officiellement investi par le Manidem, Kamto a été disqualifié par Élécam en raison d’un conflit interne au sein du parti. La commission affirme avoir reçu une autre candidature pour le même parti, celle de Dieudonné Yebga, pourtant exclu du Manidem selon ses dirigeants.
« C’est une manœuvre grossière pour disqualifier notre candidat », dénonce Anicet Ékané, président du Manidem, qui annonce saisir le Conseil constitutionnel en ultime recours.
Des tensions palpables dans la capitale
À Yaoundé, la décision d’Élécam a été précédée d’un important déploiement sécuritaire. Une atmosphère tendue qui a alimenté les soupçons d’une volonté politique d’écarter un adversaire redouté.
« Ce rejet n’est qu’une demi-surprise au vu des tensions et manœuvres récentes », analyse le politologue Njoya Moussa.
Du côté de l’opposition, certains appellent Maurice Kamto à rester mobilisé malgré son exclusion.
« Il peut toujours soutenir une coalition », suggère Paul Mahel, porte-parole d’Akéré Muna.
Conclusion
L’invalidation de la candidature de Maurice Kamto fragilise encore davantage la confiance dans le processus électoral au Cameroun. Perçu comme l’un des rares opposants capables de challenger réellement le régime de Paul Biya, son exclusion risque d’attiser la colère de ses partisans et de raviver les tensions politiques. Reste à savoir si le Conseil constitutionnel, ultime recours pour Kamto, fera évoluer la donne à quelques mois d’une présidentielle déjà sous haute tension.

Cette décision invalidante de la candidature de Kamto, est fâcheuse. Cette candidature aurait pu être porteuse d’espoir et de renouveau.
Deux conséquences sont à retenir dans cette affaire, dans le cas de la saisine du conseil constitutionnel.
La première serait que, le conseil constitutionnel dise le droit et rien que le droit. Et alors, il pourrait être le garant incontesté de la stabilité politique du moment.
La seconde serait qu’il soit instrumentalisé. Alors dans ce cas de figure, il ternira sa face reluisante et embrasera le climat déjà délétère du pays.
Mais dans tous les cas, le conseil constitutionnel à les cartes en main, pour inscrire ses lettres de noblesse dans l’histoire politique du Cameroun ou soit les effacer.
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