Nucléaire : plusieurs acteurs intéressés par les actifs d’Orano dans le nord du Niger

Nucléaire : plusieurs acteurs intéressés par les actifs d’Orano dans le nord du Niger

Alors que les tensions entre le groupe français Orano (ex-Areva) et les autorités nigériennes se sont intensifiées depuis le coup d’État de 2023, l’avenir des actifs miniers d’uranium dans le nord du pays est désormais incertain. Dans un contexte de bras de fer diplomatique et économique, plusieurs acteurs internationaux manifestent leur intérêt pour ces ressources stratégiques.

Orano ouvert à des offres sur ses actifs miniers

Dans une déclaration transmise à l’AFP, Orano a confirmé que « plusieurs parties ont exprimé leur intérêt pour les actifs miniers du groupe au Niger » et sont libres de soumettre des offres. Cette ouverture à des propositions de rachat survient alors que la position du groupe au Niger s’est considérablement affaiblie.

L’information, révélée initialement par le Financial Times, laisse entrevoir un possible désengagement partiel ou total d’Orano de ce pays sahélien où il opère depuis des décennies.

Des sites stratégiques sous pression

Trois sites majeurs sont concernés :

  • Somaïr : le plus stratégique, avec plus de 1 000 tonnes d’uranium stockées, évaluées à 250 millions d’euros. Orano a perdu le contrôle du site fin 2024, dans un contexte de rupture avec les autorités nigériennes.
  • Cominak : mine désormais à l’arrêt, dont les travaux de réaménagement sont aujourd’hui suspendus.
  • Imouraren : gigantesque projet d’exploitation d’uranium, pour lequel le permis a été retiré par Niamey en 2024.

Un bras de fer géopolitique

Orano, dont l’État français détient 90 %, se retrouve en pleine bataille d’influence, alors que Niamey cherche à diversifier ses partenaires internationaux, notamment vers la Russie et la Chine. Le Niger, devenu un symbole de rupture avec l’influence française, revendique un contrôle souverain de ses ressources stratégiques.

Face à cela, Orano affirme rester ouvert au dialogue, tout en poursuivant des procédures d’arbitrage international, notamment devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).

Conclusion

Le cas Orano illustre les recompositions géopolitiques et économiques à l’œuvre au Sahel. Entre volonté de souveraineté du Niger et intérêts stratégiques français, l’avenir des sites d’uranium nigériens cristallise les tensions. L’intérêt croissant d’autres acteurs pour ces actifs démontre que le Niger est loin d’être marginalisé dans le secteur nucléaire mondial — mais que la France pourrait bien y perdre une position historique.

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