Nigeria : vers une relance de l’industrie sidérurgique avec un projet de 2,5 milliards USD à Kogi

Nigeria : vers une relance de l’industrie sidérurgique avec un projet de 2,5 milliards USD à Kogi

Un partenariat stratégique pour renforcer la production locale

Le 14 avril 2025, la société nigériane Chart & Capstone Integrate Ltd a signé un protocole d’accord avec le groupe chinois Sinomach-HE en vue de construire une aciérie de 2,5 milliards USD dans l’État de Kogi. L’objectif est de réduire la dépendance du pays aux importations d’acier, qui atteignent actuellement environ 4 milliards USD par an.

Une dynamique soutenue par plusieurs projets industriels

Ce partenariat s’inscrit dans un contexte plus large de restructuration du secteur sidérurgique nigérian. Parmi les initiatives récentes, on note :

  • La réhabilitation de l’aciérie Ajaokuta Steel Company avec un consortium russe ;
  • L’investissement de 300 millions USD annoncé par Inner Galaxy Steel Company dans l’État d’Ogun ;
  • L’élaboration d’une feuille de route sectorielle sur 5 à 10 ans par le ministère du Développement de la sidérurgie ;
  • Une nouvelle législation sur l’industrie métallurgique, actuellement à l’étude au Parlement.

Ces actions traduisent une volonté de positionner la sidérurgie comme un pilier stratégique de la diversification économique du Nigeria.

Un potentiel considérable encore sous-exploité

Malgré des réserves estimées à 200 millions de tonnes de minerai de fer, le Nigeria peine à transformer localement cette ressource. Selon la NSRMEA, seules 40 des 74 usines sidérurgiques enregistrées sont réellement opérationnelles.

La demande annuelle d’acier du pays s’élève à 10 millions de tonnes, alors que la production locale plafonne à 2,2 millions. Cette insuffisance structurelle renforce la dépendance aux importations et pèse sur la balance commerciale.

Des obstacles persistants à lever

Selon les cabinets 234Intel et Wigmore Trading, plusieurs défis freinent le développement du secteur, parmi lesquels :

  • L’insuffisance des infrastructures ;
  • Le manque de financement ;
  • L’instabilité réglementaire ;
  • Les interférences politiques ;
  • La concurrence des importations.

Les experts recommandent notamment une accélération des projets en cours, la modernisation des installations existantes et la promotion de la consommation locale d’acier.

Conclusion

Le Nigeria affiche une ambition claire : faire de la sidérurgie un levier de croissance industrielle et un vecteur de réduction des importations massives d’acier. Si les projets récents marquent une étape importante, leur concrétisation effective reste essentielle pour transformer le potentiel en résultats tangibles. Une stratégie cohérente, soutenue par des politiques stables et des investissements ciblés, sera indispensable pour permettre au pays de devenir un acteur sidérurgique majeur en Afrique de l’Ouest.

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