Niger : deux ans après le coup d’État, le président Tiani fustige les « forces impérialistes »
Un discours offensif pour marquer deux ans de pouvoir
Ce 25 juillet 2025, le général Abdourahamane Tiani, président du Niger depuis le coup d’État de 2023, s’est adressé aux Nigériens dans un message radiotélévisé diffusé à la veille du deuxième anniversaire de sa prise de pouvoir. Dans une tenue militaire stricte, béret vert étoilé sur la tête, il a dénoncé avec vigueur ce qu’il appelle les « forces impérialistes » responsables de la déstabilisation du pays.
Selon lui, ces puissances extérieures empêchent le Niger de progresser malgré les efforts de son gouvernement.
« Chaos ou dignité » : un choix présenté aux Nigériens
Dans son allocution, le président Tiani a reconnu les difficultés économiques et sécuritaires, qu’il attribue aux attaques extérieures et aux ingérences étrangères. Il a présenté aux Nigériens une alternative tranchée :
Condition posée : « Soit le chaos et la soumission, soit le refus de la soumission — le choix de la dignité dans l’honneur », a-t-il déclaré.
Il n’a en revanche pas évoqué les récentes attaques terroristes meurtrières ni les pertes civiles et militaires, préférant appeler à la prière pour un avenir radieux.
Mohamed Bazoum : deux ans de détention et d’isolement
Une vie recluse pour le président renversé
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum, président démocratiquement élu, vit en isolement total avec son épouse Hadiza dans la résidence présidentielle. Malgré les médiations internationales, il refuse toujours de démissionner.
Selon ses proches, le couple vit :
- sans téléphone, ni radio ;
- dans deux pièces austères, avec un salon, une chambre, un couloir ;
- sans contact avec l’extérieur, si ce n’est un médecin hebdomadaire et deux cuisiniers fidèles.
« Il n’a rien à se reprocher. Il tient grâce à ses convictions », confie un proche sous anonymat.
Bilan économique contrasté de la junte militaire
Croissance tirée par le pétrole, mais inflation galopante
Deux ans après sa prise de pouvoir, la junte dirigée par le général Tiani affiche un bilan économique en demi-teinte :
- Croissance du PIB : +8,4 % en 2024, soutenue par le pétrole et une bonne saison agricole ;
- Inflation élevée : 9,1 %, tirée par la fermeture des frontières et la hausse des prix alimentaires ;
- Nationalisations : rupture de contrats et prise de contrôle de la filiale nigérienne d’Orano (ex-Areva).
Banques sous pression et pauvreté en hausse
La situation bancaire est préoccupante :
- Liquidités bancaires : -62 % entre juillet 2023 et fin 2024 ;
- Chute des crédits au secteur privé ;
- Création d’emplois formels : en baisse de 60 % ;
- Hausse de la pauvreté extrême, selon la Banque mondiale.
Les sanctions de la CEDEAO et la fermeture des échanges avec le Bénin ont accentué la vulnérabilité économique du pays.

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