Mali : un dispositif sécuritaire durable à Kayes face à la menace jihadiste
Couvre-feu prolongé dans l’ouest du pays
Le 31 juillet 2025, les autorités maliennes ont annoncé la prolongation du couvre-feu dans la région de Kayes jusqu’au 30 août. Initialement décrété pour contenir l’insécurité consécutive à une attaque jihadiste meurtrière en début de mois, ce couvre-feu devait être temporaire. Sa prolongation souligne la gravité persistante de la situation sécuritaire dans l’ouest malien, une zone historiquement moins exposée que le centre ou le nord du pays.
Une insécurité qui s’étend géographiquement
L’attaque de début juillet, attribuée à une katiba affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), a marqué un élargissement de la menace jihadiste vers l’ouest, à proximité de la frontière sénégalaise. Cette évolution stratégique des groupes armés vise à déborder les dispositifs militaires traditionnels et à perturber les flux commerciaux régionaux. Le gouvernement, en réponse, a mis en place un renforcement des contrôles, des patrouilles nocturnes, et des restrictions de circulation.
Des mesures exceptionnelles devenues la norme
À Kayes comme ailleurs au Mali, les mesures sécuritaires jugées temporaires deviennent souvent durables. Le couvre-feu prolongé inquiète les acteurs économiques, les associations civiles et les défenseurs des droits humains. Plusieurs voix s’élèvent pour demander une approche plus équilibrée, combinant protection militaire et réponses sociales afin de prévenir les recrutements dans les zones marginalisées.
La stratégie sécuritaire malienne sous pression
Le gouvernement de transition, dirigé par Assimi Goïta, a multiplié les partenariats avec la Russie et intensifié ses opérations avec les Forces armées maliennes (FAMa). Mais malgré certains succès tactiques, les groupes jihadistes adaptent leurs modes opératoires : attaques éclairs, embuscades, intimidation des populations locales. L’absence d’un retour durable de l’État et de services publics dans les zones rurales continue de nourrir le cycle de violence.
Conclusion
Le maintien du couvre-feu à Kayes illustre les difficultés persistantes du Mali à contenir l’expansion du jihadisme, même dans ses régions autrefois épargnées. Si la réponse sécuritaire est jugée nécessaire, elle ne peut suffire à elle seule à restaurer la paix. La situation exige une approche globale incluant développement, gouvernance locale, justice et réconciliation. À défaut, les mesures d’urgence risquent de devenir une nouvelle normalité, au détriment des libertés et de la stabilité sociale.
