L’Union africaine veut une carte du monde corrigée pour redonner sa juste proportion à l’Afrique
Une carte héritée de l’époque coloniale
La carte du monde la plus répandue, la projection Mercator, date du XVIᵉ siècle. Conçue à l’origine pour faciliter la navigation maritime, elle agrandit artificiellement l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en réduisant la taille de l’Afrique presque de moitié. Une distorsion lourde de conséquences, car elle influence encore aujourd’hui l’imaginaire collectif, l’enseignement scolaire et les représentations médiatiques.
Un acte symbolique et politique
Pour Fara Ndiaye, directrice adjointe de Speak Up Africa, l’une des organisations derrière la campagne « Correct the Map », cette correction dépasse largement la simple question technique. Il s’agit d’un geste de dignité et de justice pour un continent dont l’importance géographique et culturelle est trop souvent minimisée. Redonner à l’Afrique sa juste place sur les cartes, c’est aussi renforcer le sentiment d’appartenance et de fierté des jeunes générations africaines.
L’alternative : la projection Equal Earth
La campagne propose de remplacer la projection Mercator par la projection Equal Earth, plus fidèle aux proportions réelles des continents. Cet outil pédagogique pourrait être diffusé dans les écoles, les médias et les institutions afin d’offrir une représentation équilibrée du monde, où chaque région retrouve son véritable poids.
Le soutien décisif de l’Union africaine
L’appui officiel de l’Union africaine marque une étape majeure pour cette initiative lancée il y a un an. L’objectif est ambitieux : d’abord transformer les représentations cartographiques en Afrique, puis convaincre le reste du monde d’adopter une carte plus juste et respectueuse.
Conclusion
La reconnaissance de la campagne « Correct the Map » par l’Union africaine ouvre la voie à une remise en question profonde des représentations héritées de l’histoire coloniale. Redonner à l’Afrique sa véritable proportion sur la carte, c’est rééquilibrer le regard porté sur le continent et affirmer sa place dans le récit mondial.
