Le Mali mobilise 52,8 millions $ avec une forte participation de l’épargne nationale
Une opération largement soutenue par les investisseurs maliens
L’État malien a levé 30 milliards FCFA (soit 52,8 millions de dollars) sur le marché régional de la dette publique, à travers une opération conduite par l’agence UMOA-Titres. Les résultats publiés le 11 juin 2025 révèlent une mobilisation exceptionnelle des investisseurs nationaux, qui ont contribué à hauteur de 70,75 % du montant levé, soit 21,6 milliards FCFA (environ 38 millions $).
Un signal fort en faveur du financement intérieur
Cette forte implication de l’épargne locale traduit un intérêt croissant pour le financement domestique du développement. Les 29,25 % restants proviennent d’investisseurs régionaux, notamment de la Guinée-Bissau, du Burkina Faso, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Le total des offres reçues a légèrement dépassé l’objectif, atteignant 30,53 milliards FCFA.
Selon Bance Boukaré, expert des marchés financiers ouest-africains, cette dynamique prouve que l’épargne nationale peut jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques. Il y voit un levier de stabilité financière, de réduction de la dépendance extérieure et un moteur pour les projets d’infrastructure.
« Nos États ont besoin de nous. […] Derrière chaque souscription, c’est un hôpital, une école, une route qui se finance », souligne-t-il, appelant les autres pays de l’UMOA à encourager un investissement patriotique.
Des titres publics à rendement compétitif
L’adjudication portait sur trois types d’instruments :
- Bons du Trésor à 364 jours (échéance en juin 2026)
- Obligations à 3 ans (échéance 2028)
- Obligations à 5 ans (échéance 2030)
Les investisseurs ont largement privilégié les bons à court terme, qui ont mobilisé 20,01 milliards FCFA avec un rendement moyen pondéré de 9,35 %. Les obligations à 3 ans ont attiré 10,345 milliards FCFA (rendement de 9,22 %), tandis que celles à 5 ans ont suscité un intérêt marginal, à 175 millions FCFA (rendement de 8,33 %).
Ces taux, supérieurs à ceux des émissions précédentes du Mali, illustrent à la fois les attentes plus élevées des investisseurs et le besoin croissant des États de proposer des rendements attractifs pour couvrir leurs besoins budgétaires.
Conclusion
La récente levée de fonds par le Mali illustre un changement de paradigme dans la manière de financer les politiques publiques. En mobilisant massivement l’épargne intérieure, le pays envoie un signal fort : le développement peut s’ancrer dans les ressources nationales, à condition de bâtir une relation de confiance avec les investisseurs locaux. Cette opération pourrait faire école dans l’espace UEMOA, à l’heure où les financements extérieurs se raréfient et où les ressources locales doivent jouer un rôle central dans le financement du développement.
